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Ah je vous imagine déjà tous chantonner Tchiki Boum tchi Boum en repensant aux formes généreuses de Muriel Moreno, vous imaginant déjà faire l’amour à la plage avec elle, en prenant bien soin d’éloigner les crustacés aux pinces coupantes. Sauf je d’un coup d’un seul je vais vous faire retomber de cette douce divagation, car Niagara n’a ici pas l’once d’une présence féminine (même si une part de féminité se degage parfois de cette musique, et que des chœurs comme sur « Seal » nous donne notre dose de féminité). Niagara, composé de David Tmat et Gabriele Ottino nous arrive du piémont, plus précisément de la ville de la vieille dame, Turin. Après un premier EP 4 titres sorti en Février 2012, le duo nous offre « Otto » disque gourmand, feu d’artifice où le meilleur d’Elliott Smith rencontre le meilleur d’Animal Collective, où la dynamique de Arcade Fire se voit métamorphoser par les doigts d’un Howie B remis de sa captivité musicale des geôle irlandaise d’un Bono en manque d’inspiration. Disque sans barrière, même celle de ne jamais franchir celle du mauvais goût, « Otto » cultive dans les éprouvettes, certaines graines qui datent des Beatles, mettant celles ci à l’épreuve du temps, concassant (comme sur l’énigmatique « Love Me Love Me ») une mélodie pour en tirer une fève que seuls les oreilles précieuses et patientes parviendront à découvrir). Sans le côté bricolo car là nous avons à faire à une production de haut vol, l’album n’est pas sans me rappeler les premiers travaux de Baby Bird, travaux qu’il offrait à un public bien mince, mais au combien rassasié. « Superbe » aurait pu nous arriver d’un des volumes du drôle d’oiseau. « Seal » lui nous arrive comme une comète qui traverserait le ciel à la vitesse d’un cycliste sans produit sur les côtes du Ventoux, nous donnant le temps d’admirer le spectacle fantastique. Oubliant de mentionner les mains dans la liste des instruments utilisés, le duo se coupe d’une des ressources qui donne à ce titre tout à la fois une chaleur et une proximité que n’aura jamais la boite à rythme. A deux ils sont capables de nous faire croire qu’ils sont plus que le Mardi Gras BB (exemple sur « Etacarinae ») dégageant la puissance d’une fanfare électro rock qui arpenterait les rues provoquant un tremblement de terre d’hilarité et de joie. C’est tout cela et encore plus Niagara, mais je vous laisse découvrir ce rêve musicale qui est toujours d’actualité, pas comme celui de votre adolescence onaniste (quelle belle chute pour ce Niagara !) Coup de cœur de ce début d’année.




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