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A la phrase qui consiste à dire vivons heureux soyons cachés, Mein Sohn William oppose une bien plus jouissif, vivons heureux soyons tarés. Depuis les premiers efforts de Beck, ceux d’avant Mellow Gold moins connus après (comme la guerre des étoiles mais en plus crédibles), je ne me souviens pas avoir entendu un disque aussi court mais surtout aussi libre. Mais attention la liberté ne veut pas dire faire et défaire n’importe quoi sous couvert d’une licence artistique nouvelle. Libre car débarrassé des codes, libre car se fragilisant à chaque instant quitte à se perdre, libre car laissant le GPS pour les pisses froid, s’orientant avec les vents, le soleil et un brin d’instinct. Combien de chansons connes ont du voir le jour après l’élection de Obama (Our Naked President). Mein Sohn William en fait certes un moment historique et festif, mais derrière le possible discours il y glisse de belles savonnettes juste pour rire. Mais cela va bien plus loin, et si Mein Sohn William désacralise tout, il n’est que le reflet, pour une fois, de la société dans laquelle il semble survivre avec des ailes. « Until The End » qui dynamite aussi bien l’album que le volume 25 des compilations ADA est dans le même veine, désacraliser ou pointer du doigt dans la mauvaise direction pour mieux rire de la farce. Car ne nous trompons pas Mein Sohn William n’est pas là pour une leçon de savoir vivre à l’usage des jeunes générations, il est là pour rendre la vie plus joyeuse (la pochette en témoigne), et « Million Thousand People » pourrait faire gagner l’importe qu’elle candidat à la présidentielle qui choisirait le titre comme hymne de campagne.

Cuisiné avec talent (l’hymne à la carbonnade bretonne car le garçon vient de Rennes nous ramène à cette notion) ce disque de Mein Sohn William (seul à bord d’un disque qui semble être porté par une troupe) est une bouffée d’air frais, loin du triple A, des slogans à la sauce Séguéla, de la musique formatée et des prises de tête version arty. C’est à la fois la joie et la fureur de la vie, la rendre belle et attractive tout en restant attaché au support choisi, la musique (ceux qui se gausseront de l’écriture du jeune homme prendront « Walk Around » en pleine tronche). Le bonheur est donc à chercher au fin fond d’une forêt pour le déséquilibre nécessaire et rafraîchissant.




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