17 juillet 2026 / Les lecteurs du webzine s’en souviendront peut-être : en 2008, My Raining Stars figurait déjà au programme du quatorzième volume de nos compilations. Dix-sept ans plus tard, le groupe n’a rien perdu de cette capacité à écrire des chansons qui semblent échapper au temps.
À l’écoute de Toy Club, me reviennent les années FAC. Les lendemains d’émission de Bernard Lenoir où je faisais le pied de grue devant Vitamine C, à Reims, dans l’espoir de mettre la main sur les dernières sorties qui faisaient les beaux jours du Melody Maker ou du NME. Une époque où chaque disque découvert donnait le sentiment d’ouvrir une porte vers un monde nouveau. Ce qui frappe d’emblée, c’est justement cette intemporalité. Les guitares n’ont jamais besoin de hausser le ton pour imposer leur présence. Elles restent souvent en arrière-plan, laissant les mélodies respirer avec une élégance rare. Une pop qui traverse les décennies sans prendre une ride, comme la bande-son idéale de nos années de coups de cœur. Impossible de ne pas penser à The Wonder Years, cette série qui continue, pour beaucoup d’entre nous, à évoquer une certaine idée de la jeunesse.
Cette impression tient sans doute aussi à la manière dont Toy Club a vu le jour. Fruit des retrouvailles entre Thierry Haliniak et son complice de longue date Didier Frahier, l’album repose sur une idée aussi simple qu’intelligente : faire confiance à un autre regard pour réinventer des chansons déjà écrites. Une collaboration qui ne gomme jamais l’identité de My Raining Stars, mais lui offre une respiration nouvelle.
Certaines chansons semblent pourtant aller droit au cœur avec une facilité déconcertante. In His Heart porte admirablement son nom. C’est un véritable attrape-cœur, de ceux qui s’imposent sans effet de manche, simplement parce qu’ils trouvent immédiatement leur place en nous.
Et puis il y a cette sensation délicieuse que procure l’ensemble du disque. Comme une madeleine de Proust relevée d’un simple zest de menthe. Le souvenir est bien là, mais il ne s’abandonne jamais à la nostalgie facile. Il garde une fraîcheur intacte, comme si le temps avait finalement décidé d’épargner ces chansons.
Le principal défaut de ce genre d’album est aussi sa plus belle qualité. Il donne immédiatement envie de rouvrir les cartons remplis de disques achetés compulsivement au détriment de quelques repas d’étudiant (Ride, Oasis, La’s....), de replonger dans une discothèque patiemment construite au fil des années et, accessoirement, de prendre un peu de retard sur tout le reste. Mais quel plaisir d’oublier le temps qui passe lorsqu’une chanson comme As Far Back vient nous rappeler que la nostalgie peut être touchante sans jamais devenir pesante.
Toy Club ne cherche pas à faire revivre une époque. Il rappelle simplement qu’une belle chanson n’a pas d’âge. Et qu’il suffit parfois de quelques guitares cristallines pour retrouver, intact, le plaisir presque adolescent de tomber amoureux d’un disque.