15 juillet 2026 / Lisbon Revisited. Il y a quelques semaines, dans le cadre d’un festival où ils partageaient l’affiche avec les très dispensables Ile de Garde et les très indispensables Dame Area, les MAQUINA. présentaient sur scène les morceaux de leur nouvel opus, publié deux ans après l’introductif Prata. Séduisantes de prime abord, ne serait-ce que par leur intensité et le magma sonore qui en découle, les compositions du trio lisboète, mêlant techno, hardcore et indus, assez rapidement questionnent : malgré l’indéniable débauche d’énergie de João Cavalheiro (guitare), José Rego (basse) et Halison Peres (batterie), il se dégage de l’ensemble une sorte de linéarité, de raideur, de monotonie incongrue, renforcée par la sensation de se tenir au seuil de l’une de ces fameuses uncanny valley théorisées par le roboticien Masahiro Mori. Vous me direz, quoi de plus normal pour un groupe qui s’appelle MAQUINA. ? C’est simple, ça sonne comme du rock joué par des samplers. Impression mitigée, qui accompagnera l’écoute des dix titres de Body Transmission. Alors certes, tout n’est pas à jeter, et plus particulièrement le dantesque électro-punk dança, featuring Dame Area, mais assez vite la formule tourne en rond, comme si le groupe peinait à s’extraire des tunnels soniques qu’il creusait dans la boue distordue – chant hurlé réverbéré, riffs répétitifs, rythmique impitoyable, en boucle. Noble quête que celle de la transe par la danse, de l’hypnose par la saturation, du lâcher prise les deux doigts dans la prise électrique, sauf que la production est bien trop lisse. C’est bruyant, paradoxalement propret, rien ne dépasse. On a bien ici et là des syncopes et des saccades (collapsing), des variations de tempo (pressure/pleasure), des assaisonnements dance punk (out of fear) ou psychédéliques (step on me) : las, ce disque est une interminable ligne droite de gimmicks entendus mille fois ailleurs. Je passe mon tour.