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L’été, enfin ! Nonobstant les pitreries frelatées qui cartonneront sur la piste de danse, nous entrons (sans peur) dans la saison morte de l’actualité musicale – ainsi s’ouvre la voie royale pour écouter tranquillement la pile de disques que l’on avait, faute de temps, mise de côté. Deux mois sans artistes aigris, attachés de presse aux abois ou labels désespérés, le paradis !!! Un paradis que Converge rejettera de toutes ses forces. It Only Gets Worse, nous assène crûment le combo de Salem qui – après des années de silence – livre coup sur coup rien de moins que deux albums. Il y a que Jacob Bannon et ses acolytes ont peut-être beaucoup de choses à dire sur leur époque. Né des mêmes sessions d’enregistrement que le dantesque Love Is Not Enough, qu’il y a quelques mois en ces pages nous évoquions avec enthousiasme, Hum of Hurt s’avère plus ramassé, plus concis et paradoxalement plus hétérogène que son prédécesseur – plus hardcore que metal, dirions-nous – comme si le groupe avait décidé de nous montrer l’envers décousu de son décorum. S’inspirant d’un phénomène auditif perturbant engendré par l’activité humaine – le Hum, un bourdonnement à basses fréquences susceptible de vous mener à la folie – le groupe s’engage dans un tunnel de morceaux courts hautement abrasifs, gorgés de metalcore (Slip the Noose) et de noise (It’s Not Up To Us), enrichis par un travail harmonique d’une finesse inattendue (Doom in Bloom), des arrangements incongrus (le mood hard-rock de Hum of Hurt) et d’étonnantes digressions, telles que ce It Used to Matter, lancinant instrumental western concocté par un Ennio Morricone sous perfusion metal, et le groovy Detonator, porté par un irrésistible refrain et teinté d’une fusion qui évoque (presque) (j’insiste sur le presque) Rage Against The Machine. Cerises sur le gâteau, l’on retrouve sur ce douzième album studio une version remaniée de I Won’t Let You Go, qui figurait sur le jeu vidéo Cyberpunk 2077, mais surtout une masterclass de six minutes, avec cet émouvant Dream Debris, infusé de batcave et de psycho : patiemment, le long d’une structure sinueuse, les instruments se cherchent, se rejoignent, se trouvent, le chant devient cri, tout plonge. Dans l’acide. Sauf qu’en guise de point final, Converge nous rappelle que Nothing is Over. Pour le pessimisme, on repassera. Loin de la compilation de chutes de studio ou de la face B de Love Is Not Enough qui ne s’assume pas, Hum of Hurt, ne serait-ce que parce qu’il sait se relâcher, s’avère franchement passionnant, peut-être même plus que son illustre aîné. Ce groupe ne cessera jamais de nous surprendre.




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