26 juin 2026 / En cette période où tout un chacun ne rêve que de rapetisser pour vivre dans son réfrigérateur, quoi de mieux qu’un album des Danois de Iceage ? For Love of Grace & The Hereafter est si frais que l’on croirait entendre un groupe naissant, quand bien même le combo mené par le charismatique Elias Rønnenfelt exerce ses talents depuis 2008. Il y a dans l’air cette juvénilité mélodique propre aux Strokes ou à Pavement, renforcée par l’adjonction récente d’un second guitariste : à nous les motifs entremêlés, les chassés-croisés harmoniques et autres gimmicks entêtants, mais également les paroles caustiques, les structures décousues et les arrangements bordelines – la flûte à bec saturée sur le garage-punk The Weak, WTF !!! Sixième long format pour le quintette de Copenhague, sans compter les disques solos de leur leader – pas de quoi se perdre en route, quand l’objectif est justement de se perdre en route. S’ouvrant sur l’hymne décontracté Ember, so british qu’il nous rappelle le Pete Doherty des débuts, ce nouvel opus est une collection de bombinettes gorgées d’électricité, oscillant entre post-punk discoïde (Match Head Girl), cavalcade country math-rock (le western sous speed Salve for Every Store) et pop grunge cracra aux refrains fédérateurs (1835). Certaines références, telle que le final très Pogues de Mother-of-pearl ou les guitares à la Television de la ballade dance-punk Tender Blades, font mouche, tandis que le mini-tube Lifetime, sautillant tout autant que mélancolique, emporte l’adhésion. C’est inventif, c’est relâché, c’est organique ; ça grince, ça pique, ça pince ; ça déborde de partout – l’âge de glace en plein été, on adore.