18 juin 2026 / « J’avais quinze ans et chaque été tu passais tes vacances là-bas ». La rivière du temps qui s’écoule – de travers ou trop vite – irrigue le nouveau single de Matthieu Malon, mélancolique contrepoint d’un été que l’on annonce étouffant. « Même si l’on ne se voit plus j’y pense encore, c’est sûr j’y penserai jusqu’à ma mort ». Le multi-instrumentiste orléanais, que l’on sait particulièrement réflexif, voire hanté, ne s’est jamais donné comme mission d’égayer l’univers, mais l’on perçoit au fil des ans un (léger) apaisement intellectuel, qui transparaît sur une face B en forme de bilan néanmoins musicalement oppressant, dont le mood rappelle les regrettés Programme – rendre les armes, jamais. « Envie de temps à perdre, l’âge du capitaine ». Le temps, toujours, et c’est Colette, la fille de Matthieu, qui de sa clarinette adoucit le spoken-word En pleine possession de mes moyens, bâti sur des basses sourdes, un piano lointain, des vibrations synthétiques. Passage de témoin, mais également partage de qui fait le sel d’une vie – l’art. Pour en revenir à La rivière, ritournelle électro-pop au refrain planant à souhait, Matthieu Malon s’est entouré de musiciens chevronnés – Géraldine Colbeaux (alto), Victoria James Geiseler (flûte traversière), David Fakenahm (chœurs) et le batteur Philippe Entressangle. Ligne claire vaporeuse, motifs répétitifs, mélodie entêtante, la chanson se permet quelques digressions, dont un changement de gamme du plus bel effet, mais file tout droit sur l’autoroute de la chanson française de qualité. Du cousu main, en prélude à la publication – le 18 septembre prochain – de La poudre aux yeux, le très attendu septième album de Matthieu.