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« La Fossette, version trash ». Ainsi évoquions-nous en ces pages, à l’occasion de la sortie de l’inaugural Metz Noire (2014), la chanson Messin plutôt que français. Fascinés par une esthétique rincée, celle de ceux qui sont nés fatigués (Jessica93, Usé, Mon Automatique), qu’ils fantasment tout en se tenant prudemment au bord de l’autoroute de la déglingue, les chroniqueurs rivalisent en bons mots pour qualifier l’œuvre de Noir Boy George : le barde schlag de Metz, Daniel Johnston cloué sur la croix de Lorraine, le crooner comateux de la lo-fi pourrave, l’homme qui fait trembler la chanson française. Si le mode opératoire – invariablement basique (boîte à rythmes préhistorique, claviers trafiqués, chant noyé d’effets) – ne change pas, il reste maximaliste. Toujours, la musique du Messin nous happe, et son nouvel album ne déroge pas à la règle. Oscillant entre électro dark minimaliste (la rengaine poisseuse Les rapports de production), rumba boueuse (À l’est de ton corps) et dub doom mutant (Satan vit dans mon ventre), Polytoxicomane de toi est une traversée faussement désinvolte dans nos ténèbres – intimes, sociales. Pluie de lames de rasoir ; sourde, la pulsation creuse la nuit ; un truc un peu punk, un peu psycho, un peu krautrock ; Alan Vega en goguette ; on pourra dire tout ce qu’on veut, mais en baver, c’est marrant uniquement dans les livres de Charles Bukowski. Ceci dit, nul besoin d’essorer le champ lexical de l’accablement – erreur de débutant que de tout prendre au premier degré. Dans l’ombre, niché au creux de ses chansons bancales, Noir Boy George vous sourit, d’un sourire malicieux, mêlé de tendresse et de pitié.




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