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Parfois la lumière imaginaire qui nous arrive d’une musique semblent briller à travers une vitre légèrement fêlée. Glitters & Bits  appartient clairement à cette famille, une disco instable, un scintillement décalé, comme si la fête avait été enregistrée depuis une autre pièce, ou une autre époque.

Chez Ray Borneo, rien n’est jamais totalement direct. Tout passe par un léger désaxage, fidèle à l’esprit de Petrol Chips, un laboratoire sonore un peu cramé, quelque part entre Auvergne fantasmée et usine désaffectée, où les disques sont pensés comme des voyages plutôt que comme des objets fixes. Des formes mouvantes, toujours en train de se reconfigurer.

Dans Glitters & Bits, cette logique atteint une forme de clarté paradoxale. La matière est dansante, parfois très pop, mais toujours traversée par une irrégularité discrète, un grain, un flottement, une mémoire qui accroche. On est dans une disco de l’entre-deux, ni totalement rétro, ni vraiment futuriste, mais quelque chose de plus trouble, comme une bande magnétique légèrement saturée qui continuerait de tourner malgré l’usure.

On pense souvent au titre de French Cowboy pour You Wanna Sing, extrait de la compilation Songs From Another Room, cette même impression d’image bricolée mais juste, presque fragile, où l’émotion naît précisément de ce qui vacille. French Cowboy y incarne une forme de simplicité troublée, qui résonne avec la manière dont le disque organise ses éclats.

L’absence de Ray Borneo des réseaux, ou plutôt son retrait du flux permanent fini par faire parti de l’oeuvre. Dans un paysage saturé de visibilité continue, ce choix agit comme une respiration étrange. Le disque n’est pas commenté en temps réel, il n’est pas dilué dans une narration permanente. Il existe seul, presque en autonomie.

C’est peut-être là que Glitters & Bits devient le plus intéressant, dans cette sensation d’un objet sonore qui refuse la mise en scène permanente, et qui préfère rester du côté du geste, de l’atelier, du montage. Une musique qui scintille non pas parce qu’elle cherche la lumière, mais parce qu’elle accepte ses zones d’ombre.

Écouter ce disque, c’est finalement entrer dans une disco légèrement fantôme, où les rythmes continuent de tourner même quand la salle s’est vidée, et où quelque chose persiste, doucement, comme une trace qui refuse de disparaître. Éclats & fragments d’une œuvre sonore poétique sans limite.




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