29 mai 2026 / Un violoncelle, celui de Pierre Le Bourgeois. Collaborateur de Bertrand Belin, Alain Bashung et Arthur H, Pierre est également compositeur, notamment pour la danse contemporaine. Un chant, celui – allègre, précis, envoûtant – de la comédienne, metteuse en scène et poétesse Mélodie Orru, par ailleurs doublure voix d’actrices anglo-saxonnes très connues. Un chant et un violoncelle. C’est pas grand-chose, mais avec, on peut faire beaucoup, beaucoup de belles choses. Tirant profit, grâce à un studio mobile, d’un enregistrement itinérant – château, villa, forêts, lavoirs, caves, bords de rivières – le premier album de La Source bénéficie d’une production organique, au plus près de l’interprétation. L’on y perçoit les cordes grésiller sous les doigts, le tabouret grincer, la voix – légèrement feutrée, voilée, nimbée d’une réverbération parfois naturelle – reprendre son souffle, l’orage au loin, le vent, la pluie glisser, goutte à goutte, le long de bien délicates chansons, durant lesquelles se fait orchestre miniature le violoncelle, tour à tour basse, guitare ou violon, et même percussion. Il faut dire que le minimalisme du dispositif sied merveilleusement à Mélodie, qui de ses mots fait de l’eau le fil conducteur d’un disque apaisé tout autant qu’apaisant. Forts d’une qualité d’exécution confondante, mais sans esbroufe tant tout sonne simple et chaleureux, les quatorze compositions de La Source, principalement des ballades, se nourrissent de bossa-nova (Jusqu’au bout du monde) ou d’Orient (Coule l’eau), chaloupent (Je voudrais être un fleuve), harmonisent (J’aime l’eau) et caressent l’oreille (l’admirable Toi la nuit). Une très belle découverte.