27 mai 2026 / Assens, canton de Vaud, Suisse. Son Sentier du Talent, son Chemin des Blés, ses étangs du Bois aux Allemands. Villégiature de rêve pour Coline Wileczelek et Maxime Sacchetto qui, sept jours durant, vont en 2025 plancher sur leur premier EP, dont l’ubique intitulé – C’est la matière qui se manifeste dans le vide – nous évoque Philip K. Dick tout autant que Guy Debord. L’idée ? Enregistrer ex nihilo un disque entier à partir d’un instrumentarium réduit à sa plus simple expression : boîte à rythmes antédiluvienne, guitare électrique cheap, basse monolithique, claviers vintage. Semaine fructueuse pour les deux bricoleurs suisses de Colonne Sèche, adeptes d’une éthique DIY qui place la musicalité au cœur de leurs compositions. C’est punk, c’est arty, mais ça reste furieusement accessible – pop, au sens large du terme. Ainsi, l’étonnante litanie linéaire La vie c’est cool se fait la cousine garage kraut du J’aime regarder les filles de Patrick Coutin. Plus loin, l’hypnotique reprise du Camarade Bourgeois de Renaud (texte croustillant, au regard des origines sociales du sieur Séchan) oscille entre Suicide et le Velvet Underground, tandis que le manifeste C’est la matière qui se manifeste dans le vide nous rappelle Arab Strap. Il faut dire que Coline et Maxime ont le chic pour construire des ambiances oppressantes, bâties sur des boucles et des suites d’accords basiques, qui permettent à une litanie cold wave telle que EVDM de déployer ses ailes sinistrement belles. C’est avec impatience que l’on attendra les prochaines vacances de Colonne Sèche.