26 mai 2026 / Rattrapage scolaire. « Un cours magistral d’indie rock, sans une once de caricature ni la moindre seconde laissée à l’ennui ou à la facilité. ». C’est peu dire qu’en 2015 chez ADA nous avions grandement apprécié Hardcore Summer Hits, le deuxième album de The Junction – à ne pas confondre avec leurs homonymes canadiens, nos Junction à nous étant originaires de Padoue, en Italie. Sept ans après Dive, le guitariste chanteur Marco Simoni et ses acolytes – le bassiste Alessandro Maroso, le batteur Francesco Reffo – nous reviennent avec un album éponyme aussi cool que fiévreux, nourri de références nobles et truffé de bombinettes énervées, un vrai jeu de pistes rock’n roll. Dix titres durant, l’on oscille entre éruptions punk rock – teintées de grunge, de garage ou de hardcore – et ballades décontractées, bouillonnantes, bordéliques, dignes de Pavement ou des Pixies. Guitares saturées, chœurs juvéniles, toutes mélodies en avant, The Junction lorgne clairement du côté de l’Oncle Sam, version 90’s : bitume & béton, jeans troués, chemises de bûcheron – il y a du Sonic Youth dans l’air (Sunny Beaches), du Jon Spencer dans le groove (Lie), du Weezer dans le lait aromatisé (A Million Times). D’une certaine manière, à l’instar des Hives (Buy Me) ou des Strokes, The Junction est une synthèse, voire une synthèse de synthèse, mais une excellente synthèse, du meilleur de ces trois dernières décennies. Même quand ça tabasse, le groupe n’oublie jamais de nous adresser un clin d’œil – Watch Yourself et son final étrange à base de chorus de guitare – pour nous rappeler que la musique du diable, c’est d’abord du fun. Une leçon durant laquelle le temps passe trop vite suppose d’excellents professeurs : cours magistral.
Multichronique #12 : Fujiya & Miyagi ; The Earlies.
Future Of The Left