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Plein de trucs à dire sur Bright Lights, le nouvel (et second) album des Pop Crimes. Déjà, chez ADA, on avait en 2023 adoré leur premier opus, Gathered Together : « Ce disque est pour vous, amoureux de l’Amour ! » dixit Albertine, et comme chacun le sait, Albertine ne s’enthousiasme pas en vain. Ensuite, le quatuor parisien nous rappelle qu’en matière de musique du diable, si on a l’attitude, le son qui tue et les bonnes chansons, on peut faire de grandes choses. Nul besoin de claviers, de violons, de solos de clarinette ; nul besoin de pansements électroniques, d’attelles ornementales, d’arrangements bouche-trous. Ici, sur l’autoroute de la Mélodie Imparable, tout le monde carbure à l’inspiration lettrée, à l’énergie slacker, à l’enthousiasme contagieux. Dans le sillage du guitariste-chanteur Romain Meaulard, Nicolas Pommé (guitare), Quentin Marquès (basse) et Morgane Poulain (batterie) vocalisent à merveille – les chœurs empilés, plaisir renouvelé. Enfin, l’un de mes albums préférés de tous les temps est le May I Sing with Me de Yo La Tengo, publié en 1992. Pourquoi ? Parce qu’il est libre, Alix. Longues ballades pastorales, ruades électriques, harmonies mémorables, débraillé tout autant que bien peigné, disque doux, disque brusque, sur lequel soufflait un vent de fraîcheur venu des Grandes Plaines (Americana) tout autant que des Antipodes (Dunedin sound). Cet esprit-là, remuant-caressant, on le retrouve indubitablement sur les dix morceaux de Bright Lights. Dès l’introductif Open My Eyes, on sait qu’on va grave accrocher. Production compacte, un peu sale, un peu crue, juste comme il faut ; section rythmique qui se serre les coudes, toujours au diapason ; guitares entremêlées, ondulées, tournoyantes ; l’on pense aux Bats, au Velvet Underground et – bien entendu – à Yo La Tengo. Les titres défilent, courts, parfois décousus, bavards, néanmoins taiseux, espièglement mélancoliques, souvent catchy, teintés de jangle pop, de garage, de surf rock, toujours irrésistibles – réminiscences des Teenage Fanclub, Dinosaur Jr., Pixies et autres Mac DeMarco, mais également des Only Ones, petits maîtres en la matière dès lors qu’il s’agit de pondre une mélodie à l’os, solaire et sans fioritures. En misant sur l’harmonie, sur le gimmick, sur le truc qui reste en tête, soit l’essence même de ce qu’est le rock, les Pop Crimes – bruts de décoffrage, instinctifs et bouillonnants – nous rappellent à quel point la spontanéité fait du bien, un grand merci à eux. Le sémillant Bright Lights devrait nous accompagner jusqu’à la fin de l’année : un disque ami.




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