12 mai 2026 / Pokett et ADA, c’est une longue histoire. Depuis l’inaugural Crumble (2004), l’on suit avec attention les pérégrinations musicales de Stéphane Garry, dont l’entêtante ballade Put Me On (Your List), toutes d’arpèges de guitare enchevêtrés et de rythmiques fluctuantes, portée par une mélodie digne d’Elliot Smith, illumine le 65ᵉ volume de nos compilations, publié en mars dernier. Désormais basé à Rennes, Stéphane nous revient avec un cinquième album ciselé, pour lequel il s’est adjoint les services de Sébastien Bozec (guitare, claviers, chœurs), Maxime Manzano (basse) et Guillaume Hamard (batterie). Sept ans après l’excellent Time For A Change, Pokett poursuit sa quête de la chanson mélancolique parfaite, saupoudrant ses influences americana et jangle pop d’une touche expérimentale bienvenue. Apparenter Fives à un croisement entre Wilco, Teenage Fanclub et Overhead serait néanmoins réducteur, tant les huit morceaux qui le composent recèlent d’aventureuses portes dérobées. Vers le shoegaze : un nuage cotonneux enveloppe l’intranquille Light and Tunnel – harmonies vocales rappelant Ride, guitares délayées, beats à contretemps, l’ensemble évoque également le Midlake des débuts. Vers le krautrock : voir l’introduction de A Careful Mind, qui vire pop puis se transforme en ballade californienne, solaire, scintillante – joli refrain. Vers le math-rock : un long pont atmosphérique coupe en deux le catchy Highway, qui finira en slow. Vous l’aurez compris, ici, les structures sont alambiquées, les fluctuations permanentes, les certitudes bousculées. Une vraie Pokett surprise.