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Un pas après l’autre, comme guidés par des fils invisibles, nous marchons, tombons, repartons, rechutons. Oui, c’est certain, tout le monde cherche à métaphoriser son propre cheminement, espérant l’élévation ultime, même si la progression se résume souvent à une simple reptation.

L’entrée dans Music for Intersecting Planes s’apparente à une mise à l’épreuve. Les premières notes déroutent parce qu’elles semblent calligraphier une partition hautement minimaliste, rigide, impénétrable. Enregistré aux chandelles durant la nuit au Temple de La Tour-de-Peilz, tout proche du lac Léman en Suisse, cet ouvrage sonore composé par l’organiste Kali Malone et la violoncelliste Leila Bordreuil surgit tel un édifice brutaliste, froid et austère. Peu à peu, au cœur de la noirceur intense, la musique géométrise l’espace et promène son identité héraldique dans un décor dont les lignes de force se matérialisent en s’illuminant. On découvre alors un monde toujours très ordonné et mystérieux, mais plus coloré, scintillant faiblement, par soubresauts, évoquant à différents moments l’imaginaire médiéval ou les légendes celtiques. Dans notre esprit se dessine la preuve d’une matière éternelle, constituée de créatures chimériques qui danseraient lentement, en apesanteur.

Music for Intersecting Planes, une expérience physique et spirituelle de laquelle on ne sort pas complètement indemne.

Titre à écouter : « Endless Dance of Eternal Joy »




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