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Trop mignon, le storytelling autour des Witch Post et leur improbable rencontre. D’abord virtuelle (par un heureux hasard, dans le train entre Londres et Édimbourg, il écoute Big Bunny, son EP à elle : il kiffe) puis réelle (à l’issue d’un concert de Charli XCX, ils décident de faire de la musique ensemble, oh oh oh) et – enfin – alchimique : Alaska Reid est originaire de Livingston (Montana), tandis que Dylan Fraser est originaire de… Livingston, mais en Écosse. Il y a de la magie dans l’air, que dis-je, de la sorcellerie !!! En tous cas, Dylan et Alaska y croient et ne se privent pas d’en abreuver les textes de leurs chansons, à tel point que l’on se croirait dans une partie de Donjons et Dragons. Ils sont malins, également, parce si vous écoutez d’une oreille distraite leur nouvel EP, vous croirez entendre des pop songs électrifiées fleurant bon les nineties. Un zeste de shoegaze, une pincée de slacker, un glaçage à la Dinosaur Jr., un chant mixte à croquer et des harmonies vocales entremêlées, impossible de résister à l’inaugurale Changeling. Classique instantané ! Sauf que la chanson porte bien son nom : c’est un leurre. Vingt minutes et six morceaux plus tard, vous saisissez l’arnaque. Le référentiel des Witch Post, c’est l’emo (l’emphase lourdingue de Witching Hour, qui voit Dylan se prendre pour Dolores O’Riordan), c’est le romantisme bon marché des teen movie fantastiques (la ritournelle Twin Fawn), c’est les mollassons The xx et leurs gimmicks mélodiques paresseux. L’affreuse ballade 00s Country Sour et l’interminable Tilt-a-Whirl enfoncent le pieu dans le cœur du vampire musical qu’est ce charlatan de Butterfly, et ce n’est pas l’éruption grunge pop lo-fi Something to Give, qui a le mérite de décrasser les oreilles, qui le ressuscitera. Jurisprudence Softcult oblige, nous pourrions accorder au duo le bénéfice du doute, au moins jusqu’à leur premier album, mais sachant qu’en solo Alaska Reid, qui a largement passé la trentaine et court en vain derrière le succès depuis des lustres, fait de la grosse soupe et fréquente le producteur de Charli XCX, il y a fort à parier que Witch Post n’est une industry plant parmi d’autres. Quitte à écouter de la musique composée par une Reid et un Fraser, autant que ce soit celle de Jim et Elizabeth, non ?




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