25 mars 2026 / « Souvent tu sais dompter le ciel, les vents contraires, les hirondelles, et tu sais faire le doigt d’honneur quand tout est trop conventionnel ». Dixième album en vingt ans de carrière solo pour le Basque d’adoption, membre fondateur des Veilleurs de Nuit et collaborateur occasionnel de Cali, Michel Françoise ou Francis Cabrel : avec Corps Voyou, Olivier Daguerre, que l’on a notamment pu applaudir dans l’émission télévisée Tarata, nous offre un recueil de chansons rock classiques – telles qu’on les confectionne en France, c’est-à-dire inspirées par des States fantasmagoriques – pour lesquelles il s’adjoint les services de la parolière Louise Quillet. S’ouvrant sur la rengaine Un sujet qui fâche (mood western, scansion-allitération à la Alain Bashung, gros solo de guitare électrique), Corps Voyou oscille entre mélopée solaire teintée de flamenco (la caribéenne Marge de manœuvre, souplesse Alain Souchon, entrain Christophe Maé), complainte folk arpégée (Nulle part) et ballade rapide aux refrains entêtants (Dandy Bandit), nimbée de pedal steel guitar : « Échec lumineux, le cœur dans l’abdomen, même si le look est soigné, l’errance est humaine ». Portrait en creux du dandy Daguerre ? Élégance que l’on retrouve sur la ritournelle Un autre hiver, forte du contraste entre le piano - joué comme mécaniquement - et le chant au bord du souffle, sur l’orageuse La diagonale des fous, zébrée de distorsions et de violons saccadés, ainsi que sur l’épique C’est quelque chose. Trésor de (Da)guerre.