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Si l’on considère que la caractéristique principale du black metal n’est pas son enrobage esthétique (chant hurlé, saturation réverbérée, double kick, enregistrement lo-fi, maquillage et autres joyeusetés folkloriques) mais bien la mise en forme d’une inaltérable mélancolie, alors pas besoin de décibels, une simple guitare folk fera l’affaire : en témoigne la version acoustique de Barefoot Ghost Dance on Blood Soaked Soil, qui figurait sur le premier opus de Blackbraid, publié en 2022 – empilement d’arpèges et de motifs répétitifs, les cordes jouées à vide faisant office de bourdon ; en plusieurs mouvements naturalistes se dessine une narration grésillante, parfois approximative, imparfaite, païenne ; profondément humaine. Depuis quelques années, l’amérindien Jon Krieger officie dans un black metal viscéral tout autant qu’atmosphérique, dressant disque après disque une cartographie distordue de ses états d’âme. Tirés des séances d’enregistrement du remarquable Blackbraid III (2025) mais jugés trop sombres et oppressantes pour y figurer, le rouleau compresseur Nocturnal Womb (huit minutes de metalcore à bouts de nerfs) et l’héroïque Celestial Bloodlust tranchent effectivement avec le mood d’un album que l’on avait par ailleurs particulièrement apprécié. Séance de rattrapage pour ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Sgah’gahsowáh (en mohawk : faucon sorcier) et, pour les autres, ce nouvel EP est l’occasion d’intenses retrouvailles. Nocturnal bomb.




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