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Belle singularité que celle du brestois David Duffieux, dont nous savons peu, hormis que déjà dans les années 2000 il postait ses chansons sur (feu) Myspace, mais ce peu que nous savons est peut-être trop, alors que le mystère à l’œuvre derrière Affinité Élective fait partie intégrante du charme de ce nouvel EP, enregistré en collaboration avec Yann Quéméré. En quatre compositions lumineuses et néanmoins mélancoliques, rehaussées par des textes ombragés, imagés, symbolistes, Dada Duduf égrène peines et ciels de traîne, à l’instar du narrateur de la rengaine country folk Un Clown, qui – entre refrains mélodieux et melodica brumeux – s’interroge : « Mais comment paraître sérieux, quand on amuse le parterre ? ». Légèrement éraillée, la voix est pure, précise, sans affectation ; elle porte au coeur, telle que sur ce Sans Modération évoquant Patrick Watson, ritournelle réverbérée qui se transcende en un nuage harmonique à la Sigur Rós. Plus loin, la courte complainte ternaire Les Maraudeurs et l’ondoyante Apex Forest, enrichie par un chant en canon, œuvrent dans une chanson ligne claire dont il est difficile de déterminer la provenance, toute brestoise et brouillardeuse soit-elle, sauf à croiser au large de la variété lettrée, William Sheller en tête. Affinité Élective s’accompagne d’un single dont les deux faces se répondent : en contrepoint du country folk, arpégé et bourdonnant, Les Lutins Travailleurs, le lent crescendo parlé chanté Le Sanctuaire des Statues s’avère particulièrement émouvant. Pépinière de chanteurs sensibles, Brest ne pourra que se féliciter du retour de l’un de ses enfants prodigues. Affaire à suivre.




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