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Avec l’intense Days of Tomorrow, l’on pourrait croire que Red Money – qui tire son patronyme d’un morceau de David Bowie figurant sur l’album Lodge – fait tapis et mise toute son énergie sur le rouge-fièvre, quitte à en perdre le souffle, mais il est évident que le duo sait ménager ses effets : la route vers demain est longue, d’autant plus quand l’on passe de couple, émigré aux États-Unis, à binôme, géographiquement éclaté, Laure résidant désormais à Pau et Arnaud à Berlin, les deux se visitant régulièrement pour peaufiner et enregistrer leurs nouvelles compositions. Toutes turbulences relationnelles et organisationnelles surmontées, si l’on se fie aux quatre morceaux de ce nouvel EP, teintés de garage, de punk et de rock psychédélique : en témoigne une remarquable cohérence musicale, qui rejaillit sur l’interprétation, échevelée et néanmoins sobre. Le groupe sait où il va. Sec comme un coup de trique, le garage punk Hand Tight évoque The Kills, The Slits ou The Runaways – gros point fort des Red Money : à les entendre, impossible de deviner qu’ils sont français. Plus loin, beat lourd, basse poisseuse, cuivres no wave, Desire’s Limbo rappelle la jeune PJ Harvey, tranchante, sauvage, sépulcrale, réminiscence que l’on retrouve sur What You Want. Chez les Red Money, rien n’est unilatéral ou monolithique : on sait retenir ses coups, maintenir la tension, ne jamais éclater en vain, à l’instar de l’introductif garage punk psychédélique Pandora, sur lequel le chant mixte fait des merveilles. Laure et Arnaud ont de la bouteille, et ça s’entend : belle découverte.




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