> Critiques > Labellisés



Il y a fort, fort, fort longtemps vivait à Paris, près du cirque d’Hiver, une jeune serveuse ivre de bonheur pur et de vin rouge. Elle se pochetronnait à l’Autobus Café et traînait au Pop-In avec ses copines. À l’époque (appelons-la Anna-Belle) ne touchait pas encore ses revenus hallucinants de milliards de milliers de bitcoin pour être chroniqueuse chez ADA et devait user de subterfuges tous aussi humiliants les uns que les autres pour assister aux after-parties de concerts comme ceux d’Interpol ou de Ted Leo & RX.

Justement, en écoutant ce midi les derniers morceaux de Special Friend (ce génialissime duo franco-américain qui fête ses huit ans cette année) Anna-Belle se souvient : les beuveries au Pop-In, les chutes rue Oberkampf, les concerts au Glazart, les marches interminables la nuit parce que pas de Noctambus en ce temps-là (avant 2000) et les CDs gravés de Hutch and Kathy par sa bestie américaine.

Hutch and Kathy mais c’est qui ? Ni plus ni moins les sortes de grands-parents spirituels et musicaux de Special Friend. N’avaient pas les moyens de Moldy Peaches (pétés de thunes mais qui prétendaient être dans le besoin parce que plus hip) mais jouaient juste du bon vieux rock et des sons que leur label HutchandKathy a ressortis en 2015 pour celles et ceux qui tremblaient de nostalgie - et du syndrome de mort imminente à la perspective de passer les cinquante ans et de plus jamais se marrer en concert.

Special Friend tout comme Hutch and Kathy ressemblent à Yo la Tengo mais aussi à the Make-out et à OH mais flûte on est là pour évoquer leur dernier album pfffff.

Alors Special Friend sont deux artistes à savoir non pas The Thermals (y a un petit air quand même) mais qui ont joué à l’Espace B., à Mains d’Oeuvres, un groupe que soutient Howlin’ Banana eh ouais, et nous voici déjà en 2026 pour fêter leur album Clipping.

Eux qui sont spéciaux et patients nous offrent ici douze titres de première main, lo-fi et inspirés, des textes ancrés dans le réel, des mélodies qui collent au cerveau, la douceur d’un chant qu’on doit à Guillaume. Des amis spéciaux qu’on aimerait retrouver le samedi après-midi quand le soleil pointe le bout de ses rayons dans un froid glacial, quand nos pas nous mènent et divaguent sur une côté découpée de rochers menaçants.

Special Friend recherche amitié spéciale pour partager randonnées dominicales et assister à after-parties de groupes indie. Soli de guitares et charleston-ping-ping-tchac-clac-clac-boum-boum-basse-basse Stereolab pas loin, rock’n’roll partout, Special Friend et cet album surprenant ou la promesse d’une éternelle adolescence citadine.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.