18 mars 2026 / Il n’est pas encore trop tard. Cette phrase qui pourrait synthétiser tout ce deuxième opus, possède la précision d’un diagnostic médical. Vingt-cinq années se sont écoulées depuis Le Grand Déballage — un quart de siècle, une génération, soit le temps nécessaire à l’érosion complète des certitudes et à l’oubli (ou la sédimentation) des regrets.
Natacha Tertone réapparaît dans un paysage qui n’est plus celui du premier album, portant ce silence prolongé comme une parure, peut-être vue par d’autres comme encombrante mais nécessaire.
L’esthétique du dénuement, cette ascétisme volontaire qui caractérisait l’école Lithium, a cédé la place à une architecture plus organique. Le minimalisme sec des débuts s’est mué en une variété décomplexée, presque insolente. On devine une tentative de réenchanter le vide, une oscillation parfois presque disco sur le gouffre des relations que la modernité arrive désormais à qualifier de toxiques (pour citer Britney Spears).
C’est une pop qui accepte sa propre chair, ses muscles et ses battements. Elle y énumère le moche, la beauté, et cette disparition qui fut, au fond, une longue maturation. Au fond, Natacha Tertone nous propose une issue de secours élégante : transformer nos ruines en discothèque pop à la porte d’entrée entrouverte, un peu seule certes au milieu du champ de bataille, mais parfaitement accueillante, et diantre on peut même y danser.