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Pas nostalgique pour un sou de la scène twee pop, caractérisée par des chansons délicates, mélodieuses et mélancoliques, baignant dans un halo réverbéré de discrètes harmonies vocales mixtes, de guitares cristallines et de rythmiques feutrées, même si – à l’époque – j’avais pu assister aux concerts de certains de ses plus dignes représentants, notamment ceux de l’écurie Sarah Records (le fameux festival Pari Vannes Rock, featuring BlueBoy, Northern Picture Library et Harvey Williams), qui – outre The Field Mice et St. Christopher – comptait dans ses rangs Heavenly, combo formé en 1989 sur les cendres de Talulah Gosh, c’est sans attente démesurée ni œillères particulières que je me lance dans cet Highway To Heavenly à l’intitulé taquin, mettant fin à trente années de silence discographique, soit la publication en 1996 − malheureusement suivie du suicide du batteur Mathew Fletcher – de l’album Operation Heavenly. Trente années durant lesquelles Amelia Fletcher et ses acolytes, ensemble ou séparément, poursuivirent l’aventure (Marine Research, Tender Trap, The Catenary Wires, Swansea Sound, Would-be-goods, Tufthunter), mais le cœur n’y était pas vraiment. Il faudra attendre 2023 et un concert au Bush Hall de Londres pour que la reformation soit effective, puis débouche sur un album – le cinquième du groupe – impressionnant de juvénilité, notamment dans sa première partie. Toutes proportions gardées (on reste dans un univers où les émotions sont mesurées), l’on sent chez Heavenly un enthousiasme contagieux, qui opère dès l’inaugurale Scene Stealing, lumineuse pop song portée par un chant mixte et des refrains addictifs, dont le charme désuet paradoxalement vivifiant se prolonge sur l’ultra catchy Portland Town, qui sans nostalgie rappelle les mésestimés The Adventure Babies, puis irradie sur le tubesque Press Return : boucle d’accords simples, rythmique fonceuse à la Blondie, mood discoïde, melodica acidulé, chœurs en canon, final épique, franchement irrésistible. Après un tel sommet pop, difficile de maintenir la cadence, même si la ballade scintillante Skep Wax, la courte ritournelle électrifiée Excuse Me et la sautillante A Different Beat s’en sortent avec les honneurs. Moins percutant, le reste de l’album s’étire et traîne en longueur, évoquant néanmoins parfois les cousins des antipodes de chez Flying Nun Records, tels que The Bats et The Chills. Ligne claire un jour, ligne claire toujours, mais surtout, Heavenly reste as catchy as possible : jouvence.




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