18 février 2026 / Série ô combien réussie, en thérapie était une manière douce de nous mettre, nous les spectateurs, en même temps que les personnages, dans une forme d’inconfort face à ce qui pourrait nous déranger, et de faire un travail face à cela pour fondre cette matière néfaste en une clé nous ouvrant les portes d’une résilience salvatrice. Le trio Mafia Sofa se propose de pointer du doigt tout ce que nous subissons dans notre vie et met en avant la complexité des relations humaines et leurs démons, ce n’est pas moi qui le dit, c’est dans le courrier de presse. Mais cette proposition est beaucoup plus musclée que la patine imprimée par Frederic Pierrot. Chez Mafia Sofa, si on sait laisser planer le doute sur l’atmosphère comme sur The Cog point final qui serait l’ultime traque pour chasser les torpeurs en leur faisant encore plus peur. C’est lourd, pesant, mais libérateur et dégageant une énergie positive, voir rieuse comme le traitement de la voix sur In My City qui convoque autant les Chipmunks que les punks, jouant avec les stridences et les oscillations du chant (Unexpected Voice). Venant de Capbreton, Mafia Sofa sait surfer sur une vague que la section rythmique organise avec une abnégation qui n’a d’égal que celle d’un sanglier qui voit dans la ligne droite sa plage de salut. Un son garage (voir grotte préhistorique, mais ne le répétez pas, les peintures sont lézardées depuis) une capacité à prendre possession de votre corps (les spasmes provoqués par Jellyfish pourraient interloquer la marée chaussée.) à vous mettre en rage contre la moindre machine (Evil Genius) ou à vous emporter avec Ghost Song (climax de l’album) dans un univers shakespearien. Neuf titres, comme les portes d’un slalom, celui que la vie nous impose, une descente aux portes brûlantes et parfois facétieuses (Loick The Todd) fardées en personnage Brechtien histrionique (Ses) ou affublées d’un costume Hivesien léché par les flemmes de l’enfer (What The Hell). En résumé, si vous aimez être chahutés tout en vous questionnant sur le pourquoi de ce grand, tout qu’est la vie (être contemporain de Bruno Retailleau n’est pas le signe que la vie n’a pas de sens) plongez vous les pieds les premiers (gardez vos bras pour entamer une danse de balancier du plus bel effet.) dans Unexpected Voice, album à usage tout aussi thérapeutique que ludique. Mafia Sofa ou l’art de nous sortir de nous. Magique