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Dada revisited. Boby Lapointe et John Zorn sont sur un bateau, qui tombe à l’eau ? La monotonie, assurément. Folk-punk bruitiste, organique et bordélique, le tourbillonnant Immense Éboulis Rouge est impossible à caractériser, tant les labyrinthiques pérégrinations qui le composent nous entraînent au loin : toi qui entre ici, abandonne tout espoir d’intellectualiser le schmilblick musical concocté par Laurent Gérard et ses acolytes – le percussionniste Johann Mazé et la multi-instrumentiste Marie Nachury, dont le chant chamanique est une véritable révélation. Trio alchimique, donc, Èlg & la Chimie avait ouvert la voie de son nouvel opus avec l’incommensurable single Hypnose Brève, comptine crépusculaire sur deux accords ; lent crescendo, batterie martiale, l’ombre tenue en laisse, l’intensité vous prend aux tripes – sommet. Évoquant Arlt tout autant que Brigitte Fontaine, le reste est à l’avenant. Surréalistes, baroques, minimalistes, les sept morceaux d’Immense Éboulis Rouge s’infusent de folie douce (l’introductive La Voie Bleue, absurdement poétique et décalée), de saturation vaudoue (le blues incantatoire Comprendre Son Cheval) et de ritournelles kaléidoscopiques (Drames Lambda). L’instrumentarium bricolo, dont un intriguant guitalélé, se voit enrichi de samples, de sons électroniques et de collages sonores, mais ici, c’est bien la voix qui surplombe l’ensemble – la voix parlée, mélodieuse, hurlée, au service d’un imaginaire toujours débridé – ainsi la ballade alambiquée Le Groenland Existe, ainsi la stroboscopique La Ville Cachée, ainsi l’apaisante, apaisée, paisible Gdansk, qui referme un album particulièrement attachant, publié l’année dernière et passé sous nos radars. Une séance de rattrapage que l’on ne regrette absolument pas.




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