17 février 2026 / « C’est n’importe quoi » comme dirait un élève de cinquième un peu ouvert d’esprit. Drôle, pop, hip-hop, quinqua, folk, brit, envolées lyriques, bancale totale du tout, poésie partout, moutonnie nulle part : énorme coup de foudre pour cet album Discombobulated. On a tant besoin (comme vous non ?) d’un énorme câlin et Hen Ogledd nous le fournit ce matin sur un plateau de synthés mignons et de voix qui déchirent plus ce texte ultra-porté par la voix de Rhodri Davies (harpiste expérimentale quand même meuf) de choeurs amoureux, « Scales will fall » c’est le titre qu’il nous fallait aujourd’hui soit pour pas nous foutre à l’eau, soit pour pas pousser quelqu’un sur d’autres rails que ceux de sa vie de connard droitard et capitaliste (oups). Ces balances (ou ces « écailles » ?) qui tomberont ce sont celles de huit minutes de total kiff, on est entre la scansion rappée de ces mots qui peuvent rappeler The Blow ou encore Laura Veirs.
Pourquoi ? Parce qu’il est plus que probable que Hen Ogledd (nom totalement inventé, vu que le groupe est à l’origine sorti de la vraie cuisse de Rhodri et de la vraie épaule de gratteux de Richard Dawson), plus que probable que Hen Ogledd soit un groupe très politique, très engagé, très européen certes mais néanmoins îlien (U. K. rules yeah) et pas né de la dernière pluie - socialement vénère. En témoigne ce solo de saxo (oui, le saxo est politique) vers les 03:40, suivi d’un solo de trompette, puis les deux gambadent ensemble sur fond de nappes de claviers et de flûtes solennellement joyeuses. On assiste à une messe musicale comme on en entend rarement, et il s’agit juste d’un titre extrait de cet album. Attendez voir d’écouter les sept autres.
On tombe sous le charme de Discombobulated. On a envie de déménager dans un château hanté avec plein de musiciens inspirés et fauchés. On a envie d’y croire. On a envie de ré-écouter des disques. Cet album nous réconcilie avec la vie et, ultime combo, avec le monde tel qu’il s’offre à nos yeux horrifiés aujourd’hui : noir, gris, boueux, et profondément flingué. Il nous restait donc des amis, des âmes soeurs, des valeurs, et quelques instruments dont ils savent jouer ? Et, pour notre grand bonheur, de quoi écouter le dernier Hen Ogledd. Un nom de groupe aussi con pour une si touchante rencontre musicale. Il fallait l’inventer.
A Toys Orchestra
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