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Imaginez, nous sommes en 2029, France Inter réussite les Black Sessions, mais en fourvoyant le nom, celles-ci donnant lieu à une suite de concerts du petit-fils de Jacques Lantier, d’un concert mensuel de Patrick Sébastien, et un récital hebdomadaire de Mireille Mathieu pour plaire au nouveau propriétaire de la station Pierre-Édouard Stérin. Je sais cela fait flipper, mais l’avenir de la maison ronde étant aussi précaire que celui du concept de vivre ensemble, il faut se préparer à tout (bon en même temps regardez nous avons bien eu Bachelot et Dati à la culture). Mais je m’égare, ou plutôt je cauchemarde les yeux ouverts. La BBC qui n’est pas encore passée sous les fourche caudiines du capitalismo-chretiano-facho arrive encore à nous faire remuer l’oreille (car oui, soyons aussi franc, la playlist d’inter a quand même une drôle de tronche depuis quelques années.) et à offrir un éclairage à une musique qui malheureusement fini par être le parent pauvre de la musique diffusée dans des canaux institutionnels (mais d’ailleurs n’est ce pas un bon signe de voir le rock devenir la musique de la marge et le rap finir par être une soupe warholienne vendu par des camelots tous plus ridicules les uns que les autres). C’est Ty Segall qui est ici mis à l’honneur, accompagné de The Muggers avec qui il avait sorti, il y a une dizaine d’années Emotional Mugger. Ep 5 titres qui se clôture pas une version à l’os et dans le chaos du LA Woman des Doors, « Live » « At » « The » « BBC » est un précis de rock psyché garage, défrisant le brushing de tata Nadine dès le cinglé Squealer qui instaure un dialogue impossible entre les personnages de Mars Attack et de E.T. sous crack, déprimé, empêché qu’il est de pouvoir retourner chez lui. Les cinq titres d’ailleurs ne laissent pas la place aux sentiments, c’est du brutal (comment ne pas voir en Emotional Mugger la manifestation d’une camaraderie franche et virile) du cassant (Le théâtral Breakfast Eggs), jusqu’au sexy Candy Sam qui vous propose de vous mettre en jean moulant sur une planche de skate dans le remake d’un film revendicatif et bandant.

Alors, pas demain la veille que nous pourrons entendre ce genre de chose (Bernard reviens, ils sont devenus fous.), mais ne boudons pas notre plaisir, car le Brexit aussi stupide qu’il puisse être, n’a pas encore coupé les ponts de la bonne musique (mais aussi de la mauvaise me diront certains, mais faire son choix est toujours possible). Le rock, aujourd’hui, c’est Ty Segall




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