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« N’oublions jamais que les collines sont d’anciennes montagnes, et qu’en leur sein apaisé se conserve le souvenir de bien grisants sommets. » C’est ainsi qu’avec emphase au printemps 2023 nous concluions notre chronique du premier opus solo de Coline Rio, le délicat Ce Qu’Il Restera De Nous. Plus frontale dans les thèmes qu’elle aborde au gré des douze compositions de son nouvel album, coréalisé par Stan Neff, la Nantaise évoque les traces, les doutes, les catastrophes, toutes choses qu’il faut malheureusement savoir traverser puis évacuer, afin de mieux habiter sa Maison intérieure. Depuis ses débuts avec le sextet Inüit, Coline a fait du chemin, y compris musicalement – si elle garde la main sur son piano, son instrumentarium s’enrichit : cordes, contrebasse (Martin Gamet), chœurs (ceux de Barbara Pravi sur La Gentillesse) et percussions (Raphaël Chassin) apportent un contrepoint organique à la synthpop folk cotonneuse de Coline, à l’instar du jazzy Les Louves et du chaloupé La Nouvelle Lune, tandis que l’hypnotique Ma Maison nous entraîne dans une transe discoïde feutrée et que l’électro s’invite sur la touchante Lettre à Soi. Et puis il y a le chant, le chant intime, le chant frémissant, parfois ; voix claire se renversant en des aigus poignants (Capitaine), voix agile, légèrement fêlée, teintée de soul indécise (l’introductif Sous La Peau, lent crescendo vaporeux, ondes réverbérées – saisissant de beauté), voix volontaire qui, de complainte (la ballade Manteau Chagrin, poignante) en ritournelle (Le Soleil de Septembre), transcende un spleen jamais définitif, avant de trouver Refuge sur un lit d’arpèges et de parler, parler les mots qui brusquent, mais qui réchauffent, aussi – passer du nous au je, avant de pouvoir faire, à nouveau, corps avec le monde, et que ce monde soit notre maison.




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