3 janvier 2026 / Le point de départ de ce disque est la relation entre Leonora Carrington et Max Ernst. De primes abords cela semble aussi attractif qu’un documentaire sur le commerce à Venise à l’époque de Titien (bon, je me la raconte, mais cela a été un de mes travaux à l’université) dans le cadre d’un théma sur Arte décalé un vendredi soir dans un souci de contre programmation de la part de la nouvelle direction d’Arte qui serait la direction actuelle de France Inter (oui, en ce début d’année, je dénonce.).
Lindsay Anderson, chanteuse originaire de Chicago, que certains auront reconnu comme fondatrice du cultisme groupe l’Altra, nous offre sa vision de la fusion entre amour et création artistique, le temps d’un album insaisissable et passionnant à la fois. Conçu comme une œuvre globale qui ne pourra connaître son interprétation vivante que le temps d’une représentation théâtrale et dansante à l’instar de ce que pouvait nous offrir Kate Bush ou plus récemment Bjork, sans la distance que cette dernière a fini par instaurer entre sa musique et le monde. Car si Lindsay nous déroute, passant de Goldfrapp à de la musique expérimentale ou de la chanson mainstream haut de gamme, prenant autant soin de ses compositions de ses interprétations, y injectant une émotion qui ne se dénature pas d’écoute en écoute, bien au contraire. C’est un disque à tiroirs, une suite de chansons comme les pièces d’un puzzle qu’il sera difficile de constituer, mais qu’il sera impossible de quitter, avançant dans ces méandres comme sur le cinématographique Less Scared qui n’a pas fini de hanter nos nuits. Plus Alison Goldfrapp que Beth Gibbons, elle empreinte à la première son chant à part l’intensité dramatique à la seconde, servie qu’elle est pas un groupe qui ne fait pas dans la figuration, mais plutôt dans la transfiguration de ses chansons. Tarte à la crème de dire que ce disque n’est pas pour cette époque du fast tout, mais comment passer à côté de telles chansons (Release Me est une machine à frisson irrésistible avec sa production proche de l’irréel, comme si Talk Talk nous revenait pour une ultime danse condensant son œuvre).
Impossible à synthétiser, Forgiving a pour lui un accès relativement aisé, aimanté que nous sommes par cette pythie, protagoniste d’une histoire qui n’est pas la sienne, mais qu’elle est la seule à avoir magnifié de cette façon. Danse spectrale dans un univers onirique, flamboyant, redonnant au mot arty un lustre souvent dévoyé. Lindsay Anderson la dame en noir d’un surréalisme inspirant.