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  • 22 décembre 2025 /
    Gerald De Oliveira
    “Bilan 2025”

    rédigé par gdo
    3 votes
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Allez, à la one again, encore un bilan pour que dalle. Vous allez me dire, mais pourquoi continuer, et la réponse est simple, par soucis de fixer dans le temps une année musicale, afin de pallier une mémoire qui finira par se barrer, comme tout le reste. Ce sont donc 20 albums ou EP, récapitulatif de mes écoutes nomades qui excluent les lives sinon Radiohead et Nick Cave seraient de la partie (merci itunes) et de mes écoutes à la maison (merci petit calepin qui comptabilise les écoutes des vinyles......vous me croyez......vous devriez...ou pas). 20 propositions d’un chroniqueur en fin de parcours, qui depuis plus de 25 ans balance ses bêtises en se prenant avant tout pour ce qu’il est, un improbable branleur, indécrottable ours, qui aime la musique pour les émotions, mettant de côté l’intellectualisation outrancière qui a fini par tuer une grande frange de la musique pas comme les autres. Alors profitez de ces 20 disques, prenez des claques, des caresses, prenez tout ce que ces disques vous donnent, l’impression qu’il y a toujours quelque chose de vivant ici-bas, et que la mémoire, si elle n’est pas neuve, a la possibilité d’encore se charger de plaisirs musicaux.

1. Hermetic Delight - Vagabond Melodies

« ...Le tampon avec la mention est peut-être surfait, mais à bien y réfléchir, Vagabond Melodies à l’instar du The Funeral d’Arcade Fire, pourrait bien, si des oreilles bienveillantes s’attardent sur lui, devenir bien plus qu’un attrape cœur, mais le disque brûlant et irradiant d’une époque. Chef d’œuvre. »

2. David Lafore - Opéra

« ..C’est au moment de nous quitter qu’il se fait plus direct pour un départ avec ce lyrisme charmant et sautillant comme si le Katerine de l’éducation anglaise avait était produit par David Byrne. Bloqué que j’étais non loin de cette une des Inrockuptiles qui parlait de cette chanson dont nous n’aurons plus honte (ils pouvaient être cons les Inrocks, même avant Pigasse), j’ai quand même continué à découvrir la chanson d’ici avec bonheur, mais loin du niveau de celui ressenti avec Opéra. Une bonne claque dans ta face Gdo. »

3. Shannon Wright– Reservoir of Love

« ...On émerge de ce réservoir d’amour plutôt convaincu que l’album de Shannon Wright est nourri à la même source que de plus célèbres rockers : celle de la distorsion, d’une plume efficace, d’un coeur qui saigne mais ne se dessèche point malgré les tempêtes que l’existence lui inflige. Et chaque hiver qui s’ajoute aux précédents abreuve davantage cette artiste à l’apparente fragilité, celle qui s’arc-boute à la vie sans jamais oublier de la traverser en musique. »

4. Michel Cloup Trio - Catharsis en pièces détachées

« ...Cet album c’est l’anti-fête par excellence. 
 Pas de paillettes, juste de la suie et du sang. Une radicalité qu’on célèbre comme on boit un dernier verre avant la fermeture. Waiting for Catharsis. C’est sec, c’est noir, c’est maintenant, et ça laisse l’auditeur perdu. On attend Godot. Mais en attendant, il faut bien faire Boom-Clac sur une boucle qui ne mène nulle part. Catharsis en pièce détachée, c’est l’anti-fête par excellence. Michel, we’re Stihl Loving You (quel titre...) »

5. Caroline – Caroline 2

« ... Intensité garantie, sensation diffuse d’éternité, suspension des émotions, réminiscences à gogo, communion des esprits : certains groupes comme Caroline, en l’espace d’un album, sauvent des idéaux - et mon été musical ! Un album d’une telle qualité ? Un par décennie. Viva Caroline Two ! » 

6. Camilla Sparkss – ICU RUN

« ...Sans aucune concession, sauf à sa propre ligne directrice, proche d’un dogme sans carcan lourd, le duo arrive à offrir un pas de côté sans compromission, signant un tube europop version messe noire avec Francesco Bianconi (Out of the Dark, Whispering Amami Tu), mais au final Camilla Sparksss renvoie la musique actuelle à ses chères étude, le tout en 25 minutes d’une densité et d’une justesse qui n’a d’égal, dans un format aussi resserré, que le Beaster de Sugar. »

7. John Pauls - Eep Eep EP

« ...Avec ce nouvel EP, John Pauls nous rattrape encore par le bras, nous chante Hold Me Tonight pour mieux nous consoler de son absence discographique que nous jugerons toujours trop longue. Définitivement, et pour me paraphraser, The John-Pauls et bien le meilleur groupe du monde. »

8. Tatiana Paris – Thalle

« ...entre structures sonores planantes et pleines de bruits, de propositions d’évasion, Thalle est une envolée émouvante, presque mystique, et pourtant bien ancrée dans le sol, avec des racines qui seraient orientées vers le ciel. Terrassant de beauté. »

9. Cvantez – Sourdeval

« ...Disque classique, Sourdeval est du grand d’artisanat d’art, une pierre de plus à l’édifice Cvantez dans lequel il me sera ad vitam nécessaire de me réfugier pour me sentir bien. »

10. Solaris Great Confusion & Original Folk - Volume 1  

« ... Caresse pour les oreilles, quand par ailleurs l’atmosphère – entre chien et loup – s’avère propice à la rêverie tout autant qu’à l’optimisme bleuté. De la belle ouvrage. »

11. Sheraf- Highs And Lows

« ...Comme Syd Matters ou Aetherlone par le passé, Sheraf signe ici un disque monumental, dans sa durée, dans sa profondeur, par sa lumière. L’année a trouvé son chef d’œuvre, et moi, j’ai retrouvé l’envie grâce à lui. Prodigieux. »

12. Bonnie Prince Billy - The Purple Bird

« ...Alors si on pouvait légitimement constater un essoufflement chez Will Oldham, cet oiseau violet est comme la jonquille qui déclare l’ouverture du printemps métrologique, un rayon de soleil, et si ce n’est pas un nouveau départ, au moins un pied de nez au passé, par ce pince-sans-rire, qui tentent de tordre les démons qui nous entourent. Avec In My Living in Vain ? Il signe ce qui pourrait devenir une des pièces maîtresses de sa prodigieuse discographie, avant de nous quitter sur un Our Home choral, échappé d’un rade de Deadwood. Échappée belle. »

13. Chasseur – Nos Vies en Paralléle

« ...Comme dans un livre imaginaire que Will Self aurait utilisé pour une dystopie hilarante, CHASSEUR lui capte l’air du temps pour des douceurs acerbes, se cachant sous un filtre sonore pour nous dire combien nous ratons nos vies, mais toujours avec l’espoir de la croiser à nouveau. Chasseur de mots, chasseur d’espoir, chasseur de baume, Gaël Desbois réclame notre lucidité par la poésie, ne donnant aucune leçon, sauf à la chanson d’ici qui en s’endormant sous des dogmes a oublié que la sincérité, même quand nous sculptons avec des mots, est la première des politesses. Définitivement un géant pour nous protéger et tenter de nous aiguiller dans le chaos sous des mélodies comme des fils d’Ariane lumineux. L’âme en peine, la main tendue. Magnifique. »

14. Morning Music Club – Liminal Zone

« ...Liminal Zone est à classer dans la liste des disques qui n’ont pas l’air d’y toucher, et qui au final continuera à nous accompagner pendant des années, un disque dépourvu de la moindre faute de goût, qui peut même se targuer de compter en son sein, dix titres, comme des standards (la reprise du Jessies’s Still Stands de Jesse and Mo comme un hymne parfait pour clôturer le schisme Dylanien un soir de Newport Folk Festival), des moments qui font du bien et qui peuvent nous réunir pour les chanter avec les passants un soir de printemps doux, comme Why Walk Away. Ligue des champions. »

15. Strange Pilgrim – Too Bright Planet

« ...Presque suranné dans la production comme voulant se détacher de l’époque se sentant mieux dans le passé, Too Bright Planet n’en demeure pas moins le plus beau disque de cette année bien avancée, une œuvre quasi-pastorale tant elle convoque une certaine idée de la transmission et d’un art de vivre simple, austère, mais plus en adéquation avec notre carburant, le rêve. Un astre brillant, flamboyant et avant tout touchant. »

16. Flora Hibberd - Swirl 

« .. .Il n’empêche que Swirl est un magnifique disque de folk, une œuvre sans fausse note, ni faute de goût, un disque qui va nous accompagner cette année, de par sa douceur, sa mélancolie suintante et ses échappées belles (Lucky You, chanson à redonner le sourire à un macroniste séquestré dans les geôles du rassemblement national). Une vie dans un tourbillon.... Je me suis soûlé en l’écoutant. L’alcool fait oublier le temps….... »

17. Druugg – Lost

« ...C’est un album percutant, virevoltant (les abonnés du Stade de Reims pourront y voir une analogie avec Junya Ito) et salutaire pour qui veut s’extraire de la médiocrité sans tomber dans le n’importe quoi. Disque de l’année pour le moment. Pas perdu pour tout le monde. »

18. Ravage– Ravage

« ...RAVAGE offre un disque comme une quête d’un savoir, l’abordant de manière empirique pour mieux le partager dans un acte de bravoure et d’amour musical. RAVAGE ou comment inventer une nouvelle ligne d’horizon. »

19. Ventura – Superheld

« ...Patients (Ad Matres, le précédent opus, remonte à 2019), discrets (cinq albums en vingt ans), accessibles (ni pose ni posture) et doués (la production est un modèle d’efficience – le son tout autant que le dosage des arrangements), Philippe et ses acolytes – le bassiste Diego Göhring ; le batteur Mike Bedelek – nous offrent tout simplement un des meilleurs disques de ce début d’année : je ne m’en lasse pas. »

20. Pulp – More

« Les retours réussis sont rares, il était donc normal de le retrouver dans ce bilan »