21 décembre 2025 / C’est fait exprès, y en aura pas vingt, mais dix-neuf. Dix-neuf de mes albums favoris pour 2025. Dix-neuf comme autant d’années de pur bonheur passées chez ADA - une dix-neuvième année en tant que chroniqueuse - et God knows I speed you black emperor, non, je veux dire Dieu sait que ça me plaît ! Quoi donc ? Eh bien d’écrire pour tous ces foutus zicos dont les albums me font souvent vibrer, dont les morceaux me permettent d’affûter ma plume, prétexte à faire de nouvelles rencontres et à assister à des tas de concerts qui déchirent. Viva ma bestie Alix qui m’a crochetée dans la boucle avec not’ bien-aimé fondateur Gérald, Viva 2025 et longue vie aux indépendants qui mènent leur route sans jamais oublier de jeter un oeil à droite, à gauche, au centre, sans jamais considérer les autres comme des adversaires. Peace sur vous, donnez : vous recevrez !
1. Caroline « Caroline 2 »
« Un son doux comme la caresse d’un massage parfumé au spa Zen et Belle de Roscoff (j’invente). Un son désincrustant comme un gommage du visage qui exfolie mais materne celles et ceux d’entre nous qui s’en veulent (un chouïa) de rester enfermés alors « qu’il fait si beau aujourd’hui ! » (oui mais on s’en fiche). « Song Two », tout comme cet album Caroline « two », c’est le retour à du blues pastoral et à du décalage de tempo digne des plus Papa M. de nos confrères guitaristes folkeux. »
2. Flora Hibberd « Swirl »
Incroyable mélodie de blues sur « Swirl » qui rappelle The Blow autant que Mac de Marco ou Sam Evian. Et pourtant, et pourtant, j’entends un rien de minuscule cuillerée de Beatles. Wow, mega douée, canon, mega intelligente - on dirait ma bestie De Stermaria : elle a tout pour plaire la musique de Flora Hibberd.
3. Jordan Lee « Fighter for Love »
Gros coup de coeur de l’année 2025, des cordes, des vibes, du son, envie de danser et de réviser tout mon répertoire et toutes mes playlists des étés passés.
4. Les Marquises et Quatuor Una Corda « Live à l’opéra underground de Lyon »
« (…) écouter un projet supplémentaire de Jean-Sébastien Nouveau, qui s’adonne inlassablement, semble-t-il, à la création artistique. Musique ici ambient, installations immersives (son et image), correspondance musicale et plastique, tout est bon pour labourer un champ de propositions qui se nomme - entre autres - Infradisques, son label. Jean-Sébastien Nouveau est le chanteur des Marquises (les textes - qu’il interprète - de ce morceau, « L’ Ailleurs » vous resteront longtemps en tête) et ce Live à l’Opéra Underground qui sort plus d’un an après son enregistrement à Lyon, propose trois tableaux ici. Il se termine sur de très beaux espoirs. Ceux dont la musique expérimentale ressort rajeunie et très pop. »
5. CDSM « Convertible Hearse »
« Atlanta, Georgia, c’est pas si loin d’Atlantic City, fief trumpiste. Les synthés, les CDSM en sont amoureux, c’est clair. Et pour faire court ce groupe cartonne au Québec, Canada, chez les Belges… une date à Paris et on repart vers Berlin ! Là vous allez trouver de l’humour, de la dance, un soupçon de Rythmes Digitales dark version 2025, étonnamment certains textes qui peuvent frôler le meilleur de Trent Reznor (Nine Inch Nails) les instrus restant néanmoins très pro et soignées. Comme quoi… CDSM ou le groupe à voir absolument sur scène - leurs lives on les sent bien - d’aucuns appellent ça de la « death disco », pourquoi pas ? Alors préparez vos corbillards et bougeons ensemble vers cette boîte de nuit désaffectée du Nord-Finistère !!! »
6. John Murphy, David Fleming « b.o. du film Superman »
« Les compositeurs (John Murphy et David Flemming) se sont fait connaître grâce à leur collaboration, l’un avec Danny Boyle, l’autre avec les gens de Dune, Top Gun : Maverick (flemme de chercher leurs noms à ces zonards), ains qu’ avec Elton John, Lady Gaga, Pharell Williams, et même Beyonce, toujours pour le cinéma et/ou pour la publicité. On frissonne, on tremble, on a peur, on rigole, on a envie de danser, on verse une petite larmichette, on sourit : tout y est ! »
7. David Lafore « Opera »
« Comment passer sous silence ces cinq titres comme autant de gestes Auguste quand on considère la chanson comme un artisanat d’art. Déjà Opéra, quel étrange titre, quoique la grandiloquence des acteurs lyriques est ici remplacée par celle du savoir faire pop dans toutes ces ramifications, de David. Vous pourrez écouter un rap débridé et rééxpliqué (Soleil Bombé) par une sorte de Matthieu Boogaerts rebondissant et espiegle avec un sigmatisme interdental légé et charmant, croiser le fantôme de Mark E Smith avec son venin (Opéra) comme arme létal renvoyant definitivement à ses études l’illusioniste Eddy de Pretto, tombé à la renverse pendant cette Cavalcade terriblement electrisante rejoignant en cela la folie du desespoir d’Alan Sparhawk, ou se prendre à rêver d’être en train d’écouter la meilleure chansons pop de l’année avant de réaliser que ce n’est pas un rêve, et qu’à cette instant l’oiseau Passerotto va rentrer dans mon panthéon. »
8. Comet Gain« Letters to Ordinary Outsiders »
« Et c’est peut-être ce que nous racontent les douze titres de ces Letters to Ordinary Outsiders : rien n’a - vraiment - changé depuis Réalistes. Le monde est toujours aussi merdique - voire davantage - les paysages que l’on souille nous manqueront toujours autant - mais on a découvert plein de nouveaux depuis - et Comet Gain est ce groupe sincère qui, lui, n’a pas, mais alors pas du tout l’intention de tricher avec la réalité. Les voix-off ponctuent toujours certains morceaux, ajoutant un brin de familiarité avec nos vieux copains, les refrains, les ponts, tout ressemble à du Comet Gain. »
9. Stade « Musiques de Stade »
« Pas pour rien qu’espièglement le trio Stade, formé en 2017 dans les Côtes-d’Armor, a mis en musique la traumatisante défaite de l’équipe de France de football en finale de la coupe du monde – à l’instar des spectateurs désemparés que nous fûmes, l’instrumental Raymond Gommenec’h, intégrant les commentaires de l’époque (« Pas ça Zinédine. Oh non. Oh non, pas ça. Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait »), se tend progressivement, en un long crescendo qui vire psychédélique. Merci pour le mauvais souvenir, les gars ! Pas nés de la dernière pluie (quoi de plus normal en Bretagne), Elouan Jégat (chant), Yann Ollivier (basse) et Baptiste Le Solliec (batterie) ont notamment œuvré au sein de combos tels que The Craftmen Club, Skopitone Sisko et Thomas Howard Memorial. Si le post-punk est à l’honneur sur leur premier album, malicieusement intitulé Musiques de Stade, souvent il sort les griffes, à l’instar de l’introductif Nu Song, teinté de garage et de noise, ou de la ruade hardcore Cat’s Tongue. »
10. The Burning Hell« Ghost Palace »
« Brillant de chants (et de chœurs très très réussis) rutilant de pouet-pouet (aaah ces orgues totalement fun et déjantés) inventif et drôle. Immensément drôle, enthousiasmant, Ghost Palace brille de onze titres tout aussi rock que pop. Alimentés par les Britanniques précédemment cités, biberonnés à la pop de partout, Ghost Palace est le petit dernier d’une brillante trilogie qui n’est pas sans rappeler le ricain Ted Leo & RX ainsi que nos chers Stereototal. Qui en redemande ? Vous ? Nous ? Franchement, y en a assez pour tout le monde (…) »
11. Pollyanna "Man Time (Deluxe Edition)’
« Tout ira bien, tout finira bien par s’aranger même si « à l’heure des hommes », au « Man Time » en question, on peut douter de l’hurluberlu que l’on va croiser sur le retour. Tout finit toujours par s’arranger pour Pollyanna. Oui, c’est un peu ça au départ (la Pollyanna d’origine est un personnage de roman) : une petite jeune fille confiante (et tant mieux !) ingénue (ou innocente ?) et probablement heureuse, de par cette habilité à croire en sa bonne étoile. Elle y croit, oui, et elle avance sinon avec obstination, du moins avec autorité. Si vous avez envie de vous ouvrir à une certaine idée d’une vraie bonne girl-folk-indie-pop (Pollyanna, ou Julie Doiron, Françoiz Breut). »
12. Helado Negro « Phasor »
« ADA vous recommande tout particulièrement d’écouter Phasor (sorti en 2024), dont la scansion des phrasés, les percussions et le sentimentalisme ne sont jamais de trop. Phasor touchera peut-être en plein coeur les estivants que nous sommes devenus en l’espace de quelques semaines. Les vacances, d’ailleurs, ce sont aussi ces occasions de découvrir des albums qui nous sont passés sous le nez. Certains refrains rappellent même Schneider TM, c’est dire si la musique d’Helado Negro maîtrise ce qui touche à la mixité. »
13. Não « Obrigada »
Não c’est un album - Obrigada - qui vient tout juste de sortir un an après leurs 6-titres (chez Brainwasher) que d’aucuns qualifiaient encore de ‘killer - demo’ à l’époque. Le groupe basé à Brème est en effet composé de quatre éléments surpuissants (batterie-basse-guitare-chant) qui déversent autant de venin hardcore qu’ils le peuvent sur le public hypnotisé. Texte, cris, menaces… La chanteuse telle un incendie dans l’Aude dévaste tout sur son passage. Sans surprise, elle dégage la moitié de sa tenue, elle donne tout ce qu’elle peut… não (non !) elle donne TOUT ! Le concert de Não n’en est que plus scotchant.
14. R/A/D/ Brisa Roché, Don Niño « Outta Sight »
« À cet album de R/A/D qui sonne comme une cloche fantôme en plein désert : « Prenez garde, le temps est venu de nous mettre en route. Armez-vous de courage, la vie nous attend. Allons ! » Armée de poètes débraillés, R/A/D en tête, la jeunesse éternelle que cet album Outta Sight éveille en nous, nous rafraichit sans jamais nous tyranniser. On veut rester et écouter jusqu’au bout - à perte de vue oserons-nous - Outta Sight. »
15. Future Children « Disorganized Body »
« Mais quelle liberté de ton, quel psychédélisme ! Les instrus sur « Discothèque Manzarine » ne nous le font que trop bien sentir : on nage en pleines sixties (interprétation aussitôt démentie par la piste suivante, un « Catalog Of Lost Things ». C’est une ballade. Ah non, french touch en fait. Ah ben… Non, non plus. Après quelques minutes nous voici comme remis sur les rails d’un titre des Palace Brothers. Vraiment, les Future Children sont surprenants et inclassables. Relisons ce que nous a transmis Bernard Grancher : « C’est d’une beauté absolue. C’est aussi et surtout un concept-album qui raconte l’histoire de Mme X., une patiente du docteur Jules COTARD qui déclarait n’avoir aucun organe interne. L’ histoire de la folie. » Et si certains échos évoquent la musique de Vincent Gallo, c’est que cet album est cinématographique on vous dit. »
16. Iosonouncane « I Dari Di Mio Padre »
Diablement addictif, comme un verre de Riesling que Tata Simonne vous servirait au petit déj un dimanche après le Nouvel An, I Dari Di Mio Padre est le journal d’un père que nous n’aurons pas connu, mais dont nous avons tous rêvé : présent, stable, drôle, cultivé et sobre ! Take care, 2026 verra la courbe démographique de la France monter drastiquement. Et la b.o. de l’ INSEE c’est Iosounouncane.
17. Holograph « Teeth »
Grosse claque de l’année, Holograph dément ce que d’autres avant eux avaient essayé de nous faire avaler. C’est du gavage, mais consentant. Jouissif.
18. Sons of Sevilla « Street Light Moon »
Deux frères britanniques migrent vers l’Espagne. On les écoute, on frémit. C’est la fratrie, c’est l’amour, c’est Séville, c’est trop trop cool. Écoutez.
19. The Black Lips« Season of the Peach »
Amoureux nous le sommes. Amoureux de la Nouvelle-Orléans et d’ Atlanta, Georgia. Tout ce qui en sort est bon et amoché. Love your black lips. Always.