17 décembre 2025 / Une superbe tronçonneuse est peinte sur la pochette de cet album, plus proche de celle qu’on sort du coffre d’un artisan que de l’horreur offerte par Javier Milei à Elon Musk.
Histoire de débiter modestement mais sûrement la doxa turbo-libérale du moment, via un rock d’après la fin qui construit, de morceaux en morceaux, une déflagration tendu comme une corde de basse qu’on aurait oublié de détendre après la bataille. Le trio ne « joue » pas — verbe trop ludique, trop fun. Non, ici, on constate. On endure. C’est l’esthétique de la carcasse.
Le Toulousain revient avec cette colère sonique qui lui colle à la peau comme une rivière de gouttes de sueur froide. On le retrouve en première ligne, entre rage électro-rock et scansions de boxeur sonné. Michel Cloup dans ses œuvres c’est de la rage haute fréquence contre le libéralisme où David, Goliath et Godzilla se battent à coups de samples dans un hangar d’usine désaffecté. Choisis ton camps camarade.
Le Beau Raffut ou la Pulsation du Vide ?
Le bruit est là. La pulsation aussi. Uni par un système D pour tenter de meubler ce temps qui n’existe plus, bouffé par l’immédiateté-gadget, le scintillement-néon obligatoire.
Cet album c’est l’anti-fête par excellence. Pas de paillettes, juste de la suie et du sang. Une radicalité qu’on célèbre comme on boit un dernier verre avant la fermeture. Waiting for Catharsis. C’est sec, c’est noir, c’est maintenant, et ça laisse l’auditeur perdu.
On attend Godot. Mais en attendant, il faut bien faire Boom-Clac sur une boucle qui ne mène nulle part.
Catharsis en pièce détachée, c’est l’anti-fête par excellence.
Michel, we’re Stihl Loving You (quel titre...)