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Il y a quelques années, je m’étais montré taquin avec le deuxième opus des Just Mustard, un Heart Under qui sonnait tellement Cranes que ce bon vieux Robert Smith en personne avait embarqué le quintet irlandais dans la tournée mondiale des Cure. À l’instar du footballeur Robert Pirès, répondant aux injonctions de son entraîneur (« Muscle ton jeu, Robert ! »), le groupe mené par la chanteuse Katie Ball, probablement galvanisé par le fait de se produire dans de grandes salles, a décidé de sortir les biscotos : on dirait bien que la moutarde leur a monté au nez, en témoigne leur nouvel opus, le très démonstratif We Were Just Here, gonflé aux hormones électro, indus et shoegaze. L’influence des Cranes s’estompe (quelques scories sur le convaincant Pollyanna), au profit de celle de My Bloody Valentine (That I Might Not See), Blonde Redhead (Dreamer) et – plus particulièrement – Grimes : en effet, l’ombre de Claire Élise Boucher plane sur des compositions telles que Endless Deathless, Somewhere et un We Were Just Here taillé pour les charts. Grisaille réverbérée, aventureuses circonvolutions vocales, distorsions aériennes, tout laisse à croire que les Just Mustard ont la tête dans les étoiles, mais – hélas – les deux pieds solidement enfoncés dans la boue. Boue, comme bourrin (Dandelion, section rythmique trop démonstrative), boue, comme bourratif (Silver, compression à gogo), boue, comme boursouflé (Out Of Heaven, mood Fontaines D.C.). Muscler son jeu pour intégrer la première division du rock irlandais, pourquoi pas, mais attention, un claquage est vite arrivé : on a vu des carrières prometteuses s’interrompre pour moins que ça. Ceci dit, les Just Mustard ont-ils vraiment les qualités de leurs ambitions ? Si, après trois albums, l’on reste incapable de répondre à cette question, c’est que la question, elle est vite répondue (spéciale kasdédi à JP Fanguin).




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