18 novembre 2025 / Le rock de stade, quoi de plus effrayant pour un aficionado de caves enfumées, de sous-sols bétonnés, de cryptes hantées ? Mais un stade, c’est également le théâtre de dramaturgies sportives qui voient des millionnaires en short cavaler, crier et frapper – sous les vivats de la foule hypnotisée – dans un ballon à la trajectoire aléatoire. Pas pour rien qu’espièglement le trio Stade, formé en 2017 dans les Côtes-d’Armor, a mis en musique la traumatisante défaite de l’équipe de France de football en finale de la coupe du monde – à l’instar des spectateurs désemparés que nous fûmes, l’instrumental Raymond Gommenec’h, intégrant les commentaires de l’époque (« Pas ça Zinédine. Oh non. Oh non, pas ça. Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait »), se tend progressivement, en un long crescendo qui vire psychédélique. Merci pour le mauvais souvenir, les gars ! Pas nés de la dernière pluie (quoi de plus normal en Bretagne), Elouan Jégat (chant), Yann Ollivier (basse) et Baptiste Le Solliec (batterie) ont notamment œuvré au sein de combos tels que The Craftmen Club, Skopitone Sisko et Thomas Howard Memorial. Si le post-punk est à l’honneur sur leur premier album, malicieusement intitulé Musiques de Stade, souvent il sort les griffes, à l’instar de l’introductif Nu Song, teinté de garage et de noise, ou de la ruade hardcore Cat’s Tongue. Parfum 00s sur le discoïde Petit Pont, entre Bloc Party et The Strokes, un soupçon de Placebo sur Mercurochrome (chouette guitare arpégée), et un hymne de stade, un vrai, oui, ce Paimpol groovy flirtant avec Muse, refrains enlevés, parfait générique de teen movie imaginaire. Et puis il y a l’infernal Keep It Burning, sur lequel on retrouve la fougue de Jack White, la classe de Mono et la pesanteur de Led Zeppelin, triplé gagnant. Incisif et décomplexé, quand Stade déboule sur le terrain, ce n’est pas pour vous dorloter, alors n’oubliez pas les protège-tibias.