26 novembre 2025 / Patchwork. En dépit d’une versatilité parfois troublante, je l’aime bien, le sixième album des prolifiques Wednesday, formés à Asheville (Caroline du Nord) en 2017 : d’une chanson l’autre, l’on se demande s’il s’agit du même groupe. Ouvrant sur l’efficace Reality TV Argument Bleeds (couplets calmes, refrains saturés - à une époque lointaine, la recette du succès), le combo mené par la guitariste Karly Hartzman lorgne en partie vers l’indie rock américain des 90s : Pavement sur l’irrésistible ballade catchy Townies (chouette mélodie, refrain noisy, final au ralenti, effet garanti), Dinosaur Jr sur le midtempo guimauve-teen Wound Up Here (By Holdin On), The Smashing Pumpkins sur le noise Candy Breath, où – red flag – Karly adopte involontairement des inflexions vocales à la Dolores O’Riordan. Base solide, renforcée par l’éruption punk noisegaze Wasp et le chouette Bitter Everyday (mood Weezer) : l’électricité est au rendez-vous. Sauf que la ballade country-folk Elderberry Wine, jolie mais trop propre, sauf que le psychédélique Phish Pepsi, direction la Californie des 70s, sauf que le feutré Gary’s II, auquel il ne manque qu’un violon crincrin pour ressembler à du Belle and Sebastian. Impossible de mesurer l’impact de la mise en retrait du guitariste MJ Lenderman (carrière solo qui s’envole + rupture sentimentale avec Karly) sur la conception de Bleeds, d’autant plus que Wednesday – se prévalant d’une « southern gothic attitude » – a souvent fait preuve d’un éclectisme qu’on ne saurait lui reprocher. Le beau et le bruyant, The Way Love Goes.