14 novembre 2025 / Je ne sais pas vous, mais je prends très au sérieux ces actes qui nous purgent. Le sport est souvent présenté comme l’alpha et l’oméga, l’amour physique, un bon dérivatif, et pour finir le cri le plus facile d’accès. Alors, ne voulant pas apparaître auprès de mes proches comme un futur pensionnaire d’une des structures de l’hôpital Saint-Anne, je m’adonne à cette activité primale qui est de crier, qu’avec le complément de musique et de titres à crier (mais je ne parle pas du beuglement assez effrayant, et je dois bien le dire ridicule des death métaleux). L’album qui me permet cette entorse à ma vie quasi-monacale de petit vieux de la classe moyenne, est le premier, et malheureusement seul album de Wu Lyf. L’urgence de ce disque m’avait sauté à la gorge, provoquant chez moi des extinctions de voix salvatrices pour mon entourage, mais handicapantes pour les phases de communication que je peux connaître dans le cadre de mon activité professionnelle. Avec Symbionts, le Karaba fc (tout ce qui termine par FC engendre chez moi de la tendresse, car on dit Liverpool FC, mais FC Nantes, comme quoi la légende est parfois aussi une question d’ordre.) m’offre une raison de faire exploser les VU-mètres et de me ruiner en miel, et cela, dès le Neighbours qui ouvre avec son chant de chorale sous amphétamine. Présenté comme un groupe de post hardcore, le quatuor parisien, ne change certes pas de fusil d’épaule, mais il tire aussi désormais sur des cibles plus pop (attention ne vous attendez quand même pas à des purulentes diarrhées Colplayennes) avec des échappées subtiles chez New Order (trails) oui chez le Corgan d’avant la mellonithe aiguë. Mais comment ne pas appuyer sur ces harmonies vocales sous les fleches aimantes d ’un Always Aging proche de l’extase grâce au relâchement induit. Alors, oui, on ne sort pas totalement indemne, cela tabasse, mais jamais gratuitement, il est si souvent nécessaire de faire table rase pour s’exprimer librement (la « deca-danse » apocalyptique de Aftersun). Comme une sortie VTT sous une tempête rafraîchissante, l’album est un exutoire, une proposition quasi-médicinale pour aller mieux, en soignant le mal, par une rage enrobée. Prescription à haute dose.