10 novembre 2025 / Il y a trois ans (une éternité), nous évoquions avec circonspection le premier album du canadien Evan Uschenko : languide et décontracté, humblement, sans rien révolutionner, le one man band GhostWoman apportait sa pierre à l’édifice d’un rock garage psychédélique biberonné à The Jesus and Mary Chain et The Make-Up. Alors que nous avions poliment lâché l’affaire, il se rappelle à nous avec son quatrième opus (déjà !!!), un Welcome To The Civilized World composé à quatre mains (et deux pieds) : désormais en duo avec la batteuse belge Ille Van Dessel (Poolface), le prolifique multi-instrumentiste a fait évoluer son style initial (ainsi que son patronyme, une bête histoire de contrainte typographique), insufflant épure et frontalité bienvenues. Ainsi le martial 5 Gold Pieces, oscillant entre Suicide et The Kills ; ainsi le ternaire Anhedonia et son atmosphère nocturne lacérée d’éclairs guitaristiques, digne d’un film de David Lynch ; ainsi le fantomatique Dime A Dozen. Le groove n’est pas en reste, à l’instar du fuzzy When You All Were Young, rappelant Archie Bronson Outfit, du mélancolique Song for Sunny (mélodie très New Order) et de l’entêtant Alive, très lointain cousin (la grille d’accords ?) de Fisherman’s Blues, scie éternelle signée The Waterboys (oui, je sais, la référence est étrange). Fort d’une ouverture stylistique paradoxalement spontanée (le duo a bâti ses compositions à partir de sessions improvisées), Ghostwoman n’en oublie pas ses racines psychédéliques : ici et là, du garage kraut qui file tout droit (Levon et son mood Love And Rockets), du garage western sec comme un coup de trique (From Now On), du garagegaze teinté de surf (l’incantatoire Welcome To The Civilized World). Sans atteindre les sommets du genre, ce nouvel opus n’en reste pas moins très honorable et, le duo semblant en avoir sous la semelle, nous suivrons avec curiosité leurs prochaines aventures électriques.
Vania De Bie-Vernet & Peter Woodwind
Dionysos