13 novembre 2025 / Approchons-nous d’une fatigue ? Les cycles de revival sont devenus tellement courts que la nostalgie manque de terra incognita à explorer. Alors pourquoi ne pas partir VRAIMENT loin en arrière ?
Le trio de Copenhague a donc utilisé une matière ancienne : le Stabat Mater (XIIIe siècle). Francesco Rista, Simone Giordano et Sandra Lind Þorsteinsdóttir ne sont pas venus faire du tourisme temporelle, ici le ton est austère, on cherche une dignité vivante derrière chaque note. La pureté de la voix subsiste, pas de beats faciles. Le geste s’efface au profit de l’émotion. Une émotion qui se propage à travers les âges. Et le mystère. Un son drone initial, une vibration qui mène partout et nulle part. une guitare qui s’efface, et une voix qui n’est jamais submergée, comme une ligne de vie.
Après de nombreuses écoutes, l’illusion de nouveaux souvenirs opère. Les airs, familiers ou devenus tels, sont là, il ne faut pas compliquer. Cet album est simplement beau, sans passé ni avenir, une beauté simplement présente, comme une lumière qui brille depuis plus longtemps que chacun d’entre nous.