6 novembre 2025 / On a tellement essoré le titre, qu’il est parfois sans effet de l’employer, mais c’est ce qui m’est venu en premier après les écoutes répétées de Vagabond Melodies des Strasbourgeois de Hermetic Delight ; Attrape cœur. Biberonné entre autre à 4AD ou encore à Sub Pop sous le haut patronage de Bernard Lenoir, il m’est impossible de me soustraire au charme évident des compositions du trio composé de Zeynep Kaya, chanteuse qui intimide par son mélange d’assurance et ces perceptions presque juvénile (Nine Lives Have Gone By qui ouvre l’album et de point de vue un chef d’œuvre), Delphine Padilla à la batterie, combinant le rôle de poumon et de cœur du groupe, et enfin Atef Aouadhi qui passe de la guitare à la basse pour un dialogue réjouissant, surtout quand il est abrité par des nappes de synthés qui elles, jouent un rôle de coloriste de ces mélodies remarquables.
En neuf morceaux, et autant de raison de revenir sans cesse (je pense que j’ai explosé le compteur de mon application avec Morning Light, morceau d’une densité incroyable.) Hermetic Delight nous charme (l’appel des origines sur un Inci poignant ou nostalgique comme sur le tubesque Ankara Punk) et nous emporte sur cette suite de titres imparables. Déjà croisé ici même, en 2016 avec le Vow EP, et en 2020 pour le premier album F.A. Cult qui fera dire à Guillaume Mazel dans une envolée dont seul lui à le secret « je déclare que c’est la culture entière qu’il englobe ici, dans une manière plus que belle et une idéologie éblouissante. » et cinq ans après, il m’est impossible de dire mieux, tant le trio a quelque chose d’universel (comment ne pas décréter Lust For Life comme hymne à diffuser partout).
Le tampon avec la mention est peut-être surfait, mais à bien y réfléchir, Vagabond Melodies à l’instar du The Funeral d’Arcade Fire, pourrait bien, si des oreilles bienveillantes s’attardent sur lui, devenir bien plus qu’un attrape cœur, mais le disque brûlant et irradiant d’une époque. Chef d’œuvre.
Suiyôbi No Campanella
Orval Carlos Sibelius