27 septembre 2025 / Fougueux. Chantres d’un pub rock imbibé de soul et de blues, les Shaggy Dogs rendent hommage – sur leur neuvième galette à l’intitulé taquin (Pinball Boomers) – au regretté Lee Brilleaux. Une manière de boucler la boucle, quand on sait que les Chiens Hirsutes ont démarré leur longue carrière en tant que tribute band des légendaires Dr. Feelgood, port d’attache rock’nroll hautement respectable, à partir duquel ils ont pris le large, pour écumer depuis 1999 les océans de la musique-qui-colle-la fièvre. Produit par Nick Brine (Nada Surf, Ash, The Darkness) et s’ouvrant sur le vigoureux Who’s Gonna Vote, à même de faire rougir d’envie Joe Cocker – piano martelé, cuivres, duel d’harmonica et de guitare électrique -, Pinball Boomers évoque les Blues Brothers (le rythm and blues City Guy, chœurs féminins catchy, irrésistible), les Rolling Stones (Lee’s The Man, en l’honneur de qui vous savez) et Percy Sledge (le slow brûlant-déchirant My Baby Left Me In The Fog, soul à souhait, tragique, poignant, une merveille). De la cavalcade boogie-woogie Go And Run au gospel Better Life, en passant par le théâtral We Could Have Been To China (où l’on parle d’une tournée annulée because crise sanitaire), rien à jeter : bruts de décoffrage, les Shaggy Dogs transcendent leurs racines pub rock pour nous offrir un bien vivace condensé de l’âge d’or du rock’n roll, le primal, l’impur, le séminal, celui qui – en une orgie de décibels et de pulsions débridées – se roulait dans le blues, le garage et la soul, puis en ressortait magnifié ; rien de plus glorieux qu’un roi boueux.