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Publié il y a quelques semaines, le EP Spot, Stop, Pots, Post and Tops nous avait mis l’eau à la bouche, tant Vania De Bie-Vernet s’y montrait fugueur, futé, affûté : s’ouvrant sur le funky lounge Machinerie Souple, à cheval entre blaxploitation et french touch feutrée, Thrust Forward nous plonge – avec la finesse pointilliste qui caractérise son auteur – dans un bain étonnamment groovy, à l’instar du solaire Vagues Reliées ou du jazzy Le Grand Filament. Exotica, hip-hop, ambient, lounge, IDM, glitch ; Vania manie les registres en un foisonnement électronique totalement décomplexé, mais n’en oublie pas son affection pour l’expérimentation et les climats plus tendus, à l’instar du trip-hop mutant Matière Sombre, du technoïde Trois Danseurs et de l’acéré Direction Encombrée – sommet. Petit à petit, le nouvel opus de Vania glisse vers la noirceur (l’émouvant Végétaux et Rochers) mais temporise quand il le faut, à l’image de l’apaisant Domaine Étanche. Convoquant tout un pan électro de ces dernières décennies, entre références avenantes (dans l’ordre chronologique : les films giallo, Jan Hammer, Aphex Twin, DJ Shadow), collages sonores et sinuosités aventureuses, Thrust Forward est certainement l’album le plus affirmé de la riche discographie de Vania De Bie-Vernet – en ce sens, il colle parfaitement avec son intitulé.