14 juillet 2025 / On ne présentera peut-être pas Pollyanna, sauf si vous raté la lecture de notre chronique ADA en date de mai de cette année ? Ici c’est la réédition deluxe de Man Time que nous évoquerons, un album folk, chaleureux… luxueux non pas ! Mais sérieux, certes. « Some fear, some hope » et beaucoup de jolies chansons. L’ apparente simplicité de la méthode d’Isabelle (française au départ, mais de partout en chemin, voyageuse et ménestrelle des routes d’Allemagne, d’Amérique et d’ailleurs), qui compose des chansons qui se laissent écouter, qui font plaisir à écouter.
C’est beau et profond, c’est étonnant, c’est parfois grave (en témoigne sa voix qui sait tonner et gronder, tiens donc, on n’aurait pas cru !) on sent qu’il y a eu beaucoup de lives avant d’en arriver à cette maîtrise, qu’il y a eu beaucoup de débrouillardise et de bricolage avant d’obtenir les moyens de produire des albums comme Man Time sans perdre pour autant l’essence - le coeur devrait-on écrire - de ce que cherche à nous transmettre la plume d’Isabelle. Tout ira bien, tout finira bien par s’aranger même si « à l’heure des hommes », au « Man Time » en question, on peut douter de l’hurluberlu que l’on va croiser sur le retour. Tout finit toujours par s’arranger pour Pollyanna. Oui, c’est un peu ça au départ (la Pollyanna d’origine est un personnage de roman) : une petite jeune fille confiante (et tant mieux !) ingénue (ou innocente ?) et probablement heureuse, de par cette habilité à croire en sa bonne étoile. Elle y croit, oui, et elle avance sinon avec obstination, du moins avec autorité. Si vous avez envie de vous ouvrir à une certaine idée d’une vraie bonne girl-folk-indie-pop (Pollyanna, ou Julie Doiron, Françoiz Breut). Si cet album de Pollyanna était un « Woman Time » ou encore un « Sister Act » ce serait (et il l’est) le genre de disque que l’on peut écouter en savourant chaque parole dite, chaque note chantée, chaque refrain joué à la guitare, chaque pas de danse esquissé mentalement ou physiquement, les deux pieds sur le pavé d’un patio lillois,
Pollyanna ou Isabelle qui a tellement, tellement joué sur des tas de scènes, tellement bien accompagnée. Isabelle dont l’album sonne comme une compilation de balades (à pied) susurrées - hymnes parfois martelés, autant de refrains patriotiques qui défendent une même nation : celle des promeneuses et promeneurs de ce globe. On pense à Joni Mitchell, à Joan Baez autant qu’à Suzanne Vega (eh oui !). Si Pollyanna traîne ses guêtres surtout en Occident, c’est un projet qui porte sa vision aux confins de toutes les oreilles de cette planète.