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C’est toujours un moment étrange que celui du dressage du bilan d’une année, comme si nous pouvions dès maintenant savoir ce qui restera dans notre mémoire pour les années à venir. Mais faire un bilan comme nous le faisons, ce n’est pas croire avoir raison. C’est admettre que l’on a écouté qu’une infime partie de la production. C’est d’être le plus proche de nos plaisirs musicaux, mettant de côté les amitiés pour décrocher des likes.

Ce Bilan 2017 d’ADA est construit grâce aux différents bilans des rédacteurs d’ADA ainsi que de participants réguliers, sans qui ADA serait dématérialisée complètement, volatilisé dans un trou noir numérique. Ce Bilan 2017 est pour moi une belle source dans laquelle je vais pouvoir puiser pour compléter mes manques (songez que je n’ai même pas trois des 5 premiers !!). Une absence totale de disque venant de la grosse cavalerie (pas péjoratif chez nous), une prédominance de disques français (pas une prérogative chez nous) une certaine continuité dans nos avis passés (même si nous nous refusons à ne pas insulter nos écrits passés), un bilan comme la carte d’identité quasi parfaite de l’identité d’un site qui préfère le plaisir aux likes.

Merci à nos fidèles lecteurs, merci aux relais de nos différents projets, merci aux labels, musiciens, groupes, agent de promotion de ne pas lâcher le morceau, car grâce à vous je suis persuadé que nous dresserons encore un Bilan en 2018, un bilan qui ne fera pas l’unanimité, enfin si, la notre et celle de l’intransigeance qui nous interdit à vouloir plaire.

Gerald de Oliveira

1 – Matthieu Malon « Désamour"

"L’année 2017 aura été intense pour cet habitué d’ADA et toujours enthousiaste participant de nos projets de Tribute. Entamé avec Peu d’ombre près des arbres morts, premier tiers de la triple réussite du projet lancé par Monopsone avec ses compères Erik Arnaud et Orso Jesenska, (en noir et blanc déjà sous l’œil de l’indispensable Stéphane Merveille), 2017 aura donc vu ce nouvel album solo Désamour venir mettre un point final à son triptyque français.

Du mur du son de l’électron, à l’ultra-contemporain et sensuel essai gratuit, Matthieu Malon signe une nouvelle fois un disque aussi électrisant dans ses compositions sonores que touchant de sincérité et d’émotions à vif dans ses textes." (Gary newman)

"Un album majeur. Des morceaux qui prennent le temps de s’installer dans une ambiance froide : on convoque ici The Cure bien sûr, influence revendiquée, mais aussi My Bloody Valentine voire Sugar (les nappes de voix & de claviers sur Dégage), pour une thématique qui touche tout le monde servie par une écriture au cordeau. Indispensable. » (FLK)

"Mathieu a le don de nous faire vivre par sa voix et sa musique des histoires de vie, d’amour, de ruptures, de les transfigurer. Il nous fait comprendre que perdre pied, se tromper, échouer, tout cela n’est pas si grave, il y a tant d’autres histoires à vivre, encore. (PAR)

"Docu-fiction ? Peut-être. Dans Désamour, la vérité crue outrepasse largement les épaules de son auteur. Il ne s’agit plus de parler de soi, mais d’universaliser un petit moment d’existence que chacun aurait un jour vécu. Tout est clair, tout se conçoit. Sauf que, par sens du mot juste, MM laisse poindre les questions : où se situe la frontière séparant le vrai de sa mise en fiction ? Qu’est-ce qui sépare l’intime de la réappropriation littéraire ? Comment transformer le « je » en « nous » ? Une exigence textuelle qui, normalement, devrait être le commun de tous les paroliers français contemporains. Normalement, en effet : à force de se regarder écrire, de chercher une illusoire reconnaissance, la musique française ne nous parle plus. Elle s’occupe trop d’elle-même pour réfléchir à ce lien, primordial, qui permet l’identification. D’où l’importance de Désamour, et de Matthieu Malon en général. » (Jean Thooris)

2 – Aldous Harding « Party"

"Une apparition sur le volume37 de nos compilations et un premier album en 2015 renversant, Aldous Harding confirme sur ce second album intense une classe folle, bouleverse et électrise. Déjà parmi les plus grandes. » (Gary Newman)

3 – Summer « Front Wave »

"La musique débridée de Summer nous réveille de notre vie quotidienne, nous fait ouvrir grand les yeux. La voix, calmement, nous confronte à la noirceur et nous force à nous questionner. » (PAR)

4 – Shannon Wright « Division »

"Shannon est une valeur sûre, que l’on connait pour sa musique rugueuse et frontale. Cet album montre une part plus fragile d’elle-même, ce qui n’est pas pour me déplaire » (PAR)

5 – Protomartyr "Relatives in descent"

"Album de la consécration ? On sent en tout cas le groupe qui mûrit à grande vitesse, et ça fait plaisir de les retrouver avec un album impeccable, où le chanteur varie sa palette de voix, où les ambiances s’accompagnent d’instruments classiques pour souligner les mélodies. Et bien sûr, il faut les voir absolument en live, pour la présence incroyable du chanteur (qui a l’honneur d’avoir un Tumblr à son nom – http://descriptionsofjoecasey.tumblr.com). Ça tombe bien, il y a une tournée à venir au printemps. » (FLK)

6 – Rodolphe Burger "Good"

"Que dire de plus que ce qu’on en a déjà dit lors de l’interview publiée ici même il y a quelques mois ? Pas grand-chose en dehors du fait que cet album va m’accompagner longtemps, qu’il est de cette trempe des classiques qui se bonifient avec l’âge, et que je le recommande chaudement. En 2 mots : la quintessence de l’art made in Burger, le parfait mélange électro + guitare + voix (la sienne, et celles d’autres), des clins d’œil à son parcours… So, so good !" (FLK)

7 – Centredumonde « Rêvons plus Sombre »

"....Rêvons plus sombre, rêvons d’amour même contrarié, d’amour comme un océan que nous traversons comme des navigateurs au cœur gros qui savent que la perfection est une lubie pour dictateur sécheurs des cours de poésie. Avec Centredumonde notre danse est la seule possible, celle morose, pas totalement noire, pas complètement aboutie, entre le désenchantement, la tristesse, la mélancolie et l’espoir déguisé derrière un clin d’œil évident sur tout le disque. Pas le nombril du monde, mais son centre, ce disque est un antidépresseur obligatoire, l’une des portes possibles vers un retour vers l’essentiel……L’amour….L’amour à mort. » (Gerald de Oliveira)

8 – Valparaiso "Broken Homeland "

"La très belle surprise de cette année, une réunion de talents au profit d’une musique baignée d’influences notamment nord-américaines. Valparaiso sort un album classieux de bout en bout, voyant les participations de nombreux chanteurs & chanteuses favoris : Phoebe Killdeer, que je découvre et dont j’adore la façon de chanter, Rosemary Standley, Shannon Wright (oui, encore), Dominique A dont la chanson est de loin la meilleure qu’il ait écrite depuis un moment, et tant d’autres encore." (FLK)

9 – Lou « Le Seul Moment »

"Pourquoi ? Pour tout, la phrase, le déclic, le son caché derrière, le prodige d’écouter ce miroir qui nous ressemble dans toutes ses mélodies, et l’art, l’art dans toute son ampleur » (Guillaume Mazel)

10 – Lomostatic "Lomostatic"

"....Lomostatic est un disque d’une telle liberté qu’il pourrait être interdit si on n’y faisait pas attention, car quand on souffle autant à contre-courant du flux dominant, on risque d’être chassé sur les bas côtés. Mais Lomostatic a une voilure tellement large qu’il surfe, évite, se transforme en torero landais et si il fait des embardées, c’est pour mieux nous proposer au final, le rêve. Disque important, pas que…vital. » » (Gerald de Oliveira)

11 – Winter Family "South From Here"

"...Ca et là du français, des mots qui résonnent alors qu’ici aussi les fractures sont nombreuses et semblent se creuser, du yiddish pour dire sans crier l’absolue nécessité qu’a Israël de se redéfinir sans la haine et la violence, et une forme d’esperanto sonore dans lequel les habitants de cette foutue planète pourra trouver la force de dire comme eux, que « Life is Beautiful » Incarnation : l’oeuvre de Winter Family, et « South From Here » comme démonstration belle et implacable. " (Gerald de Oliveira)

12 – ooTi « Itoo »

"On ne l’attendait plus, elle a fini par nous prendre par surprise. ooTi participe à l’écriture des évangiles de l’église de la petite folie, entre espièglerie et histoires, accompagnée de Moine Arnaud le Gouefflec et frère John Trap. Si vous cherchez un cadeau de dernière minute, multipliez cette dernière minute et partager cet album comme quelqu’un partageait les pains." (Gerald de Oliveira)

13 – Raymonde Howard « S.W.E.A.T. »

"....Impressionnant de maitrise, bluffant par la qualité d’écriture (pas un morceau ne fera l’objet d’un manque d’attention), par le culot (le morceau terminal exceptionnellement en français se terminera brutalement juste avant une surexcitation savamment amenée), ce « S.W.E.A.T. » installe définitivement Raymonde Howard dans le paysage musical des gens qui comptent. " (Gerald de Oliveira)

14 - Albin de la Simone « L’un de Nous »

"Alors que j’avais jusqu’à présent un attrait mineur pour Albin de la Simone, il faudra une rencontre majeure, pour que je grandisse et murisse. Albin de la Simone est un des grands auteurs d’ici, et même lui ne doit pas le savoir. Ne lui dites pas qu’il continue à brouiller la lecture facile. " (Gerald de Oliveira)

15 – Trotski Nautique « Steppe by Steppe »

"J’ai eu une éducation musicale essentiellement indépendante, austère voir totalement obscure pour beaucoup de mes contemporains, dont la seule et unique relation avec la musique aura été la flute au collège, le stop ou encore sur RTL et le top 50. Il m’aura donc été envoyé des phrases comme « toi avec ta musique chiante », « tu finiras au bout d’une corde » ou encore le définitif « hé y a toi et ses parents qui ont le disque ». Sans jamais été complexé par cela, car au final je savais qui avait raison (ben oui comme dirait David), j’avais quand même la sensation d’être plus orienté vers la mélancolie difficile que par la facilité de supermarché pour les moutons que je percevais via mes lunettes parfois cyniques.Si Philippe Katerine d’avant le transformisme avait déterré les graines de ma sensibilité rieuse, jamais celle-ci n’avait complètement éclôt. Il y avait bien les efforts caricaturaux d’un Didier pas toujours Super, mais jamais la musique et les chansons ne se rejoignaient pour me faire rire sans décourager mes aspirations de mélomanes indés.Il aura donc fallu attendre l’arrivé de Trotski Nautique (un des meilleurs noms de groupe de ces dernières années) pour combler mes deux hémisphères, régaler mes envies musicales et contenter la partie « rigolote » de mon moi le plus inquiétant. " (Gerald de Oliveira)





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