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Ma vue me condamne de jour en jour à la poésie pour décrire les choses sans avoir à faire à une moquerie. Mes examens de sang, d’urine, mes anapaths me confirment que ma mécanique n’est plus très fluide. Les jeux de ma fille me mettent face à l’évidence que je suis un vieux papa qui devrait rapidement mettre à l’abri sa maigre, mais sublime progéniture. Pour au moins une chose cela est fait. Depuis que « Rêvons plus sombre » nous a fait l’honneur d’éclaircir une compilation d’ADA (Volume 39), j’ai au moins mon épitaphe (et toujours pas de lieu pour disperser mes cendres !!) « Il Faut savoir s’abstraire du réel, quand on en a assez de prendre des gamelles ». Cette phrase elle me trotte dans la tête même quand je ne vais nulle part, quand je prends le métro, quand je fais une brocante sous la pluie, quand je promène mon chien dans le vent, quand je vais chercher ma fille à l’école et qu’elle pleur d’avoir déchirer son pantalon pendant la récréation.

Non content d’avoir mon épitaphe, c’est un disque que j’ai pour éclaircir mes doutes. Un comble me direz vous alors qu’il s’agit de rêver plus sombre. Mais n’est-ce pas là un oxymore salvateur que de rêver plus sombre. Pouvons-nous d’ailleurs le faire alors que la brune vapeur semble recouvrir nos campagnes. Mais pourquoi nous étalonner sur l’échelle d’un pays, alors qu’ici le nombril est plus réduit, mais au final plus nourricier. Ce disque est une tranche de vie, une vie sous les nuages noirs, dans des contrées que d’aucuns trouveraient salvatrices, mais qui peuvent, quand nous les arpentons au quotidien être des Pompéi en puissance, des lieux où la perte est évidente, même noyée par des paradis perdus d’avance.

Ce disque n’est ni un disque de renoncement ni un disque à vous plomber votre week-end sur une Ile bretonne pour justifier d’une procuration à une élection où vous ne souhaitez pas voter, préférant vous servir de la main macrotée de votre maman pour introduire le vote dans l’urne. « Rêvons plus sombre » est un disque subjuguant par sa faculté à ne jamais tomber dans un fatalisme ringard, à ne jamais devenir le sucre d’une aigreur stylistique qui pullule sur nombre de chansons, papiers de blog nombrilistes ne sachant plus dire je t’aime. Car ce disque est un disque d’amour, fort, parfois terrassant, car nous obligeant à nous comporter mieux pour faire durer la flemme. Il ne tombe jamais dans la facilité ou dans la complaisance. Il est bon, accueillant, même parfois totalement dispendieux (Copenhague)

Rêvons plus sombre, rêvons d’amour même contrarié, d’amour comme un océan que nous traversons comme des navigateurs au cœur gros qui savent que la perfection est une lubie pour dictateur sécheurs des cours de poésie. Avec Centredumonde notre danse est la seule possible, celle morose, pas totalement noire, pas complètement aboutie, entre le désenchantement, la tristesse, la mélancolie et l’espoir déguisé derrière un clin d’œil évident sur tout le disque.

Pas le nombril du monde, mais son centre, ce disque est un antidépresseur obligatoire, l’une des portes possibles vers un retour vers l’essentiel……L’amour….L’amour à mort.




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