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Le premier EP de Cérémonie divulgue un parfum trouble : au chant, une fille et un garçon qui enlacent leurs voix pour raconter des histoires d’abandon, de fuites, de séparations résignées. D’un ton monocorde, sans passion ni tristesse, ce duo parisien décrit un monde effrayant dans lequel une rupture s’apparenterait à une simple routine, l’absence de l’être aimé à un sentiment tellement banal qu’il n’inciterait même plus à la douleur. Au-delà du nihilisme, Cérémonie pratique l’acceptation du pire, une forme de dépit naturel.

Comme pour mieux signifier ce replis vers l’absence à l’égard de soi-même, le groupe noie les vocaux dans le brouillard (on pense à Requin Chagrin). Pudeur ? Isolement ? Voilà qui correspond néanmoins aux images abordées durant trois titres : un ciel « dur et froid » ou bien « presque noir », des couleurs éphémères, une ville qui disparaît.

Logique à ce que la musique résonne cold wave. Mais inversement à de nombreux groupes contemporains sous hypnose Cure / Joy Div’, Cérémonie évoque une nécessité à jouer ces accords patraques, lessivés. Et en effet : on ne voit pas quel autre style musical correspondrait au propos ici divulgué.




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