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La proximité phonétique de la mort et de l’amour dans notre langue (n’étant pas un grand fan des interprétations anglaises du groupe) m’a toujours interpellé, ce qu’il y a de mieux dans la vie, et le point d’orgue morbide de celle-ci, comme des compagnons qui peinent à cacher leur proximité. Dionysos n’échappe pas à la vie, même si on taxe souvent le groupe d’enfantillage ou d’adolescence poussée à son extrême. Le groupe par la triste intermédiaire de Mathias a connu la mort, celle d’une mère, et pour contrecarrer la douleur le groupe c’est inventé des amours mêmes ci ceux-ci restent totalement impossibles. Pas de princesse et de prince fourré, pas non plus de shrek rigolard, ici on souffre malgré tout. Des personnages comme sortis de la tête du Tim Burton inspiré de l’étrange noel de monsieur jack, ont des amours complexes, des déformations, des atouts contraires, des fautes de la nature que Mathias aime à transformer comme l’apprenti sorcier romanesque qu’il a pu être. Album surprenant, à rebours sans être le contraire des précédents disques du groupe, Monster in love suscite des envies de cabaret de comédie musicale dans les mains d’un enfant fantasque. De l’amour, de la terreur version famille Adams en couleur, la mort rodant et se lovant sous les notes de la plus belle chanson jamais écrite par le groupe (neige) entre pj harvey et Nick Cave dans un souffle de beauté rare et reposé chez un groupe qui chante la mort (se souvenir de in my coffin) comme personne, chose incroyable venant du groupe qui déborde de vie et d’amour sur scène, même dans les récurrences parfois grotesques de Mathias. L’amour, la mort john Parish aux manettes, un Dionysos surprenant. L’amour monstrueux de la cascade des mots et des sons.