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Les 3 habitués du site se souviennent certainement que Bajram Bili, et son nom de fils qu’un sioux aurait eu avec une fille de Billy The Kid, avait déjà hanté une de nos compilations. A l’époque si l’on sentait l’envie d’electronique de Adrien Gachet, celle ci était noyée sous des brumes, comme si Bajram vivait reclu dans un tippie dépourvu d’electricité. Sauf que si dans la réalité Bajram est reclu, c’est au fin fond d’un studio, qui s’apparentrait plus à une salle de serveur surchauffée qu’à de grands espaces balayés par le soleil et le vent.

Ce disque aurait pu s’appeler dans la solitude des champs électro, Bajram attendant son dealer de son, entamant une discussion qui ne se terminerait jamais, s’ouvrant à des paraboles les emmenant vers la nostalgie d’une certaine musique si peu enclin à faire briller son auteur, celui ci la jouant toujours en regardant ses pieds, souvent derrière une épaisse chevelure.

Composé de quatre morceaux, essentiellement instrumentaux, l’album compte les quelques mots qui semblent ici porter une musique allant vers un mur du son, comme un Primal Scream en flagrant délire sur une autobhan sans limitation de vitesse. Entre le départ vers un ailleurs totalement sous aucune emprise, et une vision presque froide qui nous empêcherait de partir (en gros pour faire simple comme écouter le dernier Flaming Lips avec Jean François Copé en buvant un pineau des Charentes chaud), nous choisirons de partir, de nous laisser porter par cette musique électronique aussi végétale qu’une pâture peuplée de Bizons en manque d’herbe, comme nous, ces quadras qui ne brûlons plus rien de végétale pour nous évader.

Un trip dans une fumée narcotique et délicieuse.