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Je ne sais pas si le Cercueil est mis en terre, mais je sais que Puce Moment en serait une marche funèbre exaltante. Non content de nous avoir intrigué sous ce nom de groupe aussi joyeux qu’un monologue du vagin récité par Laurent Terzieff, le tout avec une musique nous entrainant sur un dance floor machiavélique, le duo Cercueil est de retour sous le nom de Puce Moment (nom emprunté au court métrage de Kenneth Anger). Avec Puce Moment le duo abandonne les structures resserrées d’une chanson pour installer des climats. L’électronique a la part belle, et ses accompagnateurs ne sont pas là pour faire de la figuration. Il y a des bruits étranges et une guitare qui se veut tranchante, ne connaissant ni ligne mélodique, ni arpège, les cordes servant de catapultes à des stridences, à des flèches brulantes.

Mais ce qui fait que Puce Moment ne nous lâche jamais, c’est le chant de Pénélope qui semble ne plus être tout à fait de notre monde. On a beau chercher on ne trouve pas une gamme aussi étendue, pouvant nous transporter du gris noir au gris très foncé, dégager l’horizon via un souffle épique ou ramener les nuages pour mieux nous mettre sous un orage sonore.

Si l’ombre de Lynch est évidente, le disque semblant être un concentré de Inland Empire, ce n’est pas la seule. On pense aussi au cinéma de Murnau, le film serait en douze images secondes, pixélisé comme une captation regardée en streaming sans haut débit. Mais toutes ces images sont celles fantasques d’un chroniqueur planant au dessus de son clavier en entendant ces morceaux sans fil d’Ariane (sauf peut être le palindrome Moonoom). Car Puce Moment ne doit pas raisonner dans votre esprit comme une expérience morbide. Certes vous ne trouverez pas facilement des moments de vie intenses, mais le calme a aussi des vertus fortes que le duo exploite avec maestria (« L’ombre » est peut être LE TITRE après lequel My Bloody Valentine a couru pendant vingt ans) étirant tout au maximum, sans jamais ne rien faire craquer.

Ceci n’est donc pas un sarcophage, ceci n’est pas non plus une pierre tombale, encore moi une plaque commémorative, ceci est un PUCE MOMENT , oui un PUCE MOMENT. Opening night.




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