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Cette chronique ne devait pas voir le jour, pas que Sonic Youth me passe au dessus, bien au contraire, mais dans une volonté de priorisé les jeunes pousses, j’avais décidé de me consacrer aux vieux quinquats, que si le temps me le permettait. Alors le temps je ne l’ai pas, mais je l’ai eu au moins pour me délester de quelques euros, afin d’acheter pour la première fois en vingt ans, Rock and Folk, se posant la question de l’imposture ou du génie des New Yorkais. Alors je sais que l’actualité musicale de l’été se résume souvent aux festivals, ou aux cadavres fumant de stars mortes, mais quand même. Ce vieux canard boiteux, et lui-même pas loin du trépas, devait il soulever une question aussi conne, pour gonfler ses ventes, et par là même la collection de cuir de ses rédacteurs "gériatriques". C’est donc sur deux pages dont nous passeront le nom de l’auteur en silence, pour éviter à sa famille une fatwas méritée, que Sonic Youth serait trimballé dans la boue comme un vulgaire groupe, qui aurait fini par exister par la trouille. La posture arty du groupe aurait fini par avoir raison du public et des critiques, comme certains critiques d’art devant une machine à caca à la FIAC. Alors soit ce monsieur à des oreilles aussi imperméables à la recherche sonore que notre président de la république peut en avoir avec la vraie chanson française, soit il avait à ce farcir un monument, histoire de prouver à sa tendre, que lui au moins il en avait….des oreilles. Alors que nous arrive un nouvel album qui confirme un regain de forme du groupe, après deux trois albums moyens, Sonic Youth nous confirme, que si il y a toujours eu besoin de légitimer son travail aux yeux du grand public, en citant des références, pour le coup effectivement écrasantes pour le commun des mortels, c’est à la fois avec une vraie volontée pédagogique, mais c’est surtout pour ne pas que sa création soit jugée comme celle d’honteux pompeurs. « The Eternal » ne fait pas peur, il procure bonheur et émerveillement, justifiant toujours cette admiration, qui n’est pas celle d’un trouillard craignant de passer à côté. Si Sonic Youth fait peur, c’est avant tout dans sa faculté de toujours arriver à nous parler, faisant grossir des graines plantés il y a de cela presque trente ans. Souhaitons au groupe de croiser les pourfendeurs….. et de leur infliger ce qu’ils avaient infligé un soir au public des transmusicales, leur balançant des plantes pouraves sur la tronche. Sonic Youth est eternel et grand.