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  • 16 novembre 2007 /
    Balbec
    “From mud to gold”

    rédigé par Will
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"Projet musical aux réminiscences littéraires, exotiques et historiques, BALBEC peut se lire comme l’introspection itinérante de ses cinq membres fantasques.Leur musique invite à une rêverie multiforme, nourrie de Portishead, Stereolab, Wedding Present, Mogwaï, et autres influences séminales ". Voila ce que dévoile une courte description issue du site du label Drunk Dog, de même que l’alléchant descriptif qui m’a été fourni en même temps que ce formidable album. Sur ce sept titres, les parisiens subliment leurs influences (pour faire court tout en complétant les éléments précités, de Sonic Youth à The Wedding Present en passant par Sebadoh, Godspeed you ! black emperor ou Nick Drake) et bâtissent des compos fascinantes, puisant leurs sources dans ces influences qui en fait n’en sont pas. En effet, si l’on peut reconnaître ça et là le côté noisy de Sonic Youth, les sonorités de gratte des Weddoes (le splendide et bien nommé " Addict ") ou les " plâneries " propres à Portishead, le résultat final n’est dû qu’au talent -énorme- de Balbec et à un don pour l’écriture et la composition qu’on pourrait croire inné tant ce disque transpire le génie. La voix féminine vous transporte dès " Now ", superbe pièce introductive de huit minutes et éclatante démonstration de la capacité des six complices à édifier des bâtisses sonores à partir d’éléments divers et pas forcément aisément " imbriquables " au départ. Ce morceau, de par la voix et l’ambiance qu’il instaure, me rappelle les excellents havrais de Dickybird, qui auraient injecté une bonne dose de trip-hop à leur compos et, plutôt que de laisser les guitares exploser, les auraient contenues pour obtenir un morceau tout en retenue, absolument magnifique. Ambiance à nouveau trip-hop sur " Insomnia " à l’écoute duquel il ne serait nullement que l’on en fasse, des insomnies, tellement ce morceau, à l’image du précédent, s’incruste dans notre esprit et s’avère marquant, ne serait-ce que par la grâce qui se dégage du chant et ces six-cordes aussi belles que discrètes, et cette rythmique louvoyante. On en est alors au second morceau, et déjà sur les genoux. Et en découvrant la suite, on est à nouveau subjugué par la splendeur et la force musicale et émotionnelle des compos, de l’atmosphère à la Portishead de "To love lost " à " Last of " et son trip-hop zébré de grattes épatantes dans leur approche simultanément aérienne et noisy, en passant par " Black flag " et son envolée vocale, rythmique et guitaristique irrésistible. Sans oublier le poppy " Addict " et le charme de ses voix appuyé par les sonorités s’échappant des instruments de Martin et Laurent. Un morceau qui ferait verdir David Gedge et ses acolytes. Et aussi le délicat " Spring ", guitares évoquant Mazzy Star (il y a d’ailleurs quelque part du Roback dans la propension de Balbec à composer et à instaurer ces ambiances si prenantes sur chaque titre) et chant magique sur fond sonore minimaliste et ombrageux, superbe. Voila, j’ai volontairement distingué toutes les chansons de ce disque pour bien montrer que chacune d’entre compos possède sa propre identité et transporte l’auditeur, celui-ci se laissant balader avec un plaisir intense et non-dissimulé. " Serez-vous du voyage ? ", ai-je lu sur le descriptif joint au cd de " From mud to gold ". J’en serai, et j’espère que ce voyage durera longtemps et nous donnera d’autres pépites à l’image de ces sept morceaux et de ce groupe " à découvrir absolument ". Magique .




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